« YRIGNIN, YRIBȆ, YRIPELI » : LAISSONS-LES RESPIRER AUSSI !

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Il a fallu que le climat change et que la planète commence à s’échauffer pour que beaucoup comprennent que lorsque la Nature est blessée, ce sont tous les êtres vivants qui saignent, y compris les Hommes. Ils s’érigent alors en défenseurs zélés de la planète, qui en protégeant les animaux, qui en protégeant les mers, qui en luttant contre la déforestation. Nous assistons à l’émergence d’un « animisme scientifique » qui me fait penser que si nos ancêtres avaient eu tort, c’était d’avoir eu raison trop tôt.

Nos ancêtres étaient animistes avant que les religions dites révélées ne viennent leur proposer ou imposer de nouveaux cultes.

Du latin « anima » qui signifie « âme », le terme « animisme » a été inventé par l’anthropologue Edward Taylor en 1871. Il désigne une croyance attribuant une âme, une conscience à chaque objet du monde matériel (animal, végétal, géologique). Les animistes croient que les esprits élisent domicile dans des rochers, des arbres, des montagnes, des idoles, des sanctuaires, des lieux géographiques, des personnes particulières, vivantes ou mortes, et qu’ils peuvent manipuler ces esprits au service de l’Homme.

Malgré leurs limites, de telles croyances ont pour avantage d’inspirer aux personnes un profond respect pour la Nature, allant jusqu’à la vénération. L’Homme ne cherche donc pas à dominer la Nature mais à y trouver sa place ; les animaux, les plantes, les montagnes ne sont pas des ressources à exploiter mais « des frères et des sœurs » qui nous accompagnent dans notre pèlerinage terrestre.

Héritières de ces croyances, les langues africaines en général, et le gouro en particulier, ont tendance à personnifier les éléments de la Nature en les désignant par les mêmes noms appliqués aux parties du corps humain.

Ainsi, par exemple, il devient très compréhensible pour le Gouro que l’arbre qui, comme lui, à des bras, un nez et des fesses, puisse aussi, comme lui, avoir une âme. En gouro, en effet, « yri » désigne « l’arbre », « yri gnin » ses racines, « yri bê » ses branches et « yri péli » la base de son tronc. Littéralement, et dans cet ordre, ces expressions signifient « le nez de l’arbre », « les bras de l’arbre » et « les fesses de l’arbre ». Nous savons désormais que pour mieux respirer nous-mêmes, nous devons laisser mesdames et messieurs les arbres respirer. Espérons que ce ne soit pas trop tard !

Par Dr DJANDUÉ Bi Drombé

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