VOICI COMMENT LES GOURO APPELLENT LES AUTRES PEUPLES DE CÔTE D’IVOIRE

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Pour commencer, comment les Gouro s’appellent-ils eux-mêmes d’abord ? Et comment les appellent certains de leurs plus proches voisins ? Les Gouro s’appellent « Glo », d’où par exemple, « mi ti glo » (l’homme noir). Pourtant, ce ne serait pas le véritable nom de ce peuple qui s’appellerait à l’origine les Kwéni ou Kouéni. C’est une erreur de traduction et de transcription du mot « woro » (cola en dioula) qui aurait engendré « gouro », lequel a fini par s’imposer au point même de faire oublier aux Kwéni leur véritable appellation.

On trouve d’ailleurs les traces de ce « Kwéni » dans le toponyme « Kwèninfla » (écrit « Konéfla » par déformation), un village de la tribu « glwa » (goura) établie sur l’axe Sinfra-Bouaflé. Mais aussi sans doute dans le mot « Kwi » (Kwi-you) par lequel les Bété nous désignent. De leur côté, certains Malinké nous appellent « Lo », les Gagou « Dipa » (conspirateurs) et les Baoulé «  Glo ».

Dans la tribu « Nanan » de Nananfla en général, et dans sa capitale Kononfla en particulier où j’ai grandi ; les Bété sont appelés « Zèlr » et les Baoulé « Bhawié » ou « Baba ». Ce terme « Baba » est en réalité, selon une source bien informée, un emprunt au Gouro d’Oumé qui appellent ainsi leurs voisins directs que sont les Baoulé Akouè, eux dont la variante dialectale du Kwéni, soit dit en passant, diffère assez de celle de Nananfla et d’ailleurs.

LA CÔTE D’IVOIRE ET SES PRINCIPALES VILLES EN GOURO

En ce qui concerne les autres peuples de Côte d’Ivoire en général, la particularité de leurs appellations par les Gouro tient de la seule prononciation. En dehors bien entendu des Senoufo que nous appelons plutôt par le nom de leur principale ville (Korhogo), ce qui donne « klôkô-mi » (homme senoufo), « klôkô-li » (femme senoufo) ou « klôkô-lénin » (jeune senoufo). Les voisins Tagbana des Senoufo sont appelés en gouro « Tanmwlan-nou ».

C’est le lieu de noter que ces mêmes suffixes sont également appliqués à tous les autres noms déjà cités ou qui le seront bientôt pour désigner l’homme, la femme ou le jeune natif/native de la langue en question. Pour parler de la langue elle-même, le suffixe consacré en gouro est « -lré ». D’où par exemple : « klôkô-lré » (la langue senoufo), « zèlr-lré » (la langue bété), « bhawié-lré » ou « baba-lré » (la langue baoulé). Quant au suffixe « -nou », il permet de désigner l’ensemble des locuteurs naturels d’une langue donnée : « Klôkô-nou » (les Senoufo), « Zèlr-nou » (les Bété), « Bhawié-nou » ou « Baba-nou » (les Baoulé).

Puisque nous avons parlé des Baoulé, un petit tour chez d’autres composantes du grand groupe Akan. Notamment les Agni, les Abbey, les Adjoukrou et les Attié. Les Kwéni se contentent plus ou moins d’appliquer à ces noms la règle de leur langue qui veut qu’aucun mot de plus d’une syllabe ne commence par une voyelle, surtout la lettre « a ». D’où « Gni-nou, gni-lré » (les Agni, la langue agni), « Bè-nou, bè-lré » (les Abbey, la langue abbey), « Djouglou-nou, djouglou-lré » (les Adjoukrou, la langue adjoukrou), « Tché-nou, tché-lré » (les Attié, la langue attié).

À l’ouest de la Côte d’Ivoire se trouvent nos plus grands alliés interethniques, en l’occurrence les Yacouba. Les Gouro le disent « Djagôba-nou ». Dans la même zone géographique il y a les Wê qui nous appellent, eux, « Klohou ». La composante Wobé est appelée par les Gouro « Wèbhè-nou » et la composante Guéré« Glè-nou ».

Par Dr. DJANDUÉ Bi Drombé

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