UN VIRUS APPELÉ SOUS-DÉVELOPPEMENT : UNE DÉMOCRATIE TROPICALISEE QUI RUINE LE DÉVELOPPEMENT

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Tel que pensé, orienté et appliqué en Occident, en Afrique en général et en Côte d’Ivoire en particulier, le développement s’écarte totalement de la voie tracée par le père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne. Celui-ci avait mieux compris que seuls de véritables travaux, et non ceux qui côtoient la pacotille, comme nous l’observons actuellement, peuvent être des solutions durables au développement. Pour ce qui nous a été donné de constater depuis l’avènement des héritiers au trône de la mangécratie, le sous-développement est un virus qui ne peut être vaincu en terre d’Eburnie si les mentalités actuelles de nos dirigeants ne subissent pas une cure de désintoxication radicale.

Développement et sous-développement sont comme deux droites parallèles. Ils ne se touchent jamais, même à l’infinie. On ne peut donc rester à l’intérieur du sous-développement et prétendre au développement. Le développement, tout comme le sous-développement, a ses exigences, ses impératifs de même que ses réalités qui exigent un changement radical de position. Pour tirer un proverbe de chez nous, on ne reste pas dans magnans pour enlever magnans ; en réalité, la notion du développement échappe totalement aux Ivoiriens à commencer par la classe politique dirigeante.

La mentalité du sous-développement vacille entre logique et alogique, entre maturité et immaturité. Le virus du sous-développement nous a plongé dans l’illusion et une sorte d’extase qui nous fait penser qu’on avance alors qu’on court dans un sac. Voilà comment je résume notre sous-développement mental et économique : un type décide d’aller en basse-côte. Une fois là-bas, incapable de cerner ses désirs et apprivoiser sa libido, il couche avec la fille de celui pour qui il est allé travailler dur pour revenir s’occuper de sa famille et offrir un avenir meilleur à ses enfants et à sa femme qui l’attendent avec impatience. Je n’oublie pas aussi la misère financière de ses parents qui attendent aussi son retour pour espérer sortir de la misère économique.

Comble de malheur, ce dernier finit par engrosser la fille de son tuteur et tombe sous le coup d’une dette dont il sera condamné à payer toute sa vie. En effet, une fois la grossesse découverte, le tuteur révèle à son protégé qu’il doit devoir nourrir sa fille chaque jour, s’occuper de cette grossesse : frais d’hôpitaux y compris le transport, et quand l’enfant viendra, les frais liés à la maternité. Pour l’enfoncer encore plus, le tuteur décide d’envoyer sa fille faire ses soins dans la clinique la plus coûteuse. Au finish, dès que le moment de la récolte approche, il garde l’espoir d’avoir assez d’argent pour rembourser ses dettes et retourner enfin chez lui tranquillement. Mais dès la vente de la récolte, le tuteur lui apprend que son salaire n’a pas réussi à surmonter ses dettes et qu’il est condamné à travailler encore une année pour éponger sa dette. Entre temps, les besoins de sa famille s’accroissent.

Plongé dans le désarroi, il part se consoler encore et encore chez la fille de son tuteur dont les besoins ont doublé suite à la naissance de son fils. Elle contracte une deuxième grossesse et finit par l’épouser sous la menace de son tuteur. L’illusion de notre développement se présente ainsi. On ne finit jamais de payer une dette au diable, ici, l’Occident qui a un mode de fonctionnement semblable au système de l’usufruit, c’est-à-dire le droit de jouir d’un bien dont une autre personne dispose sauf qu’ici, l’usufruitier (l’Occident) n’en assure aucune conservation. Il est dans une logique de la tactique de la terre brûlée.

Comment formater notre logiciel appelé mentalité pour qu’il s’adapte aux réalités qui le sortiront de la soumission dans laquelle il s’est expressément enfermé ? Apprivoiser le Moi n’est-il pas la solution ? Depuis les années 1990, faire la politique dans notre pays, la Côte d’Ivoire, est devenue l’unique recours a un avenir meilleur, le lieu d’expression de tous les coups fourrés et tous les abus : abus de pouvoir, violation en tous genres parce qu’on détient un pan de pouvoir, lequel pouvoir n’est pourtant pas éternel, heureusement. Les règles morales, religieuses, sociales et politiques, volent en éclat depuis lors, sans que personne ne s’en offusque. Ce qui est socialement admis est publiquement rejeté et vice-versa.

La falsification de l’histoire et l’aliénation mentale

La façon dont les historiens occidentaux et leurs disciples africains ont relaté l’histoire de l’Afrique et du peuple noir a créé une forme d’aliénation mentale. Cette orientation biaisée de l’histoire africaine et son approche ont créé une véritable prison mentale et lui donnent un sens erroné. Cette mauvaise peinture de la réalité existante classe le Noir comme une victime, un perdant dans un rapport de force où le Blanc, héros de tous les temps, se transforme en gagnant. Or, il n’y a rien de plus faux dans la rédaction de l’histoire d’un peuple.

Dans l’histoire de l’humanité, non celle d’une fiction, le peuple noir a traversé les épreuves les plus rudes de tout le temps. Cependant, il n’est pas toujours perdant. Je dirais même qu’il est sorti, dans bien plus de cas, vainqueur et triomphateur. La plus grande tragédie vécue par ce peuple a été l’esclavage, pendant plus de trois siècles, soit du début du XVIe siècle, jusqu’à la fin du XIXe siècle. La victoire du peuple noir sur l’esclavage est aussi la victoire même de la civilisation noire qu’on a voulu effacer de la carte. L’homme blanc s’est battu de toutes ses forces pour effacer des noms africains.

Deux exemples de mentalité du sous-développement en Côte d’Ivoire : la mauvaise gouvernance et la corruption

La mauvaise gouvernance et la corruption sont deux fléaux qui nuisent à l’émergence de notre pays sur le plan économique, politique et social. Qu’est-ce que la mauvaise gouvernance ? Qu’est-ce que la corruption ? Comment évoluent-ils et comment y remédier ?

La mauvaise gouvernance

La mauvaise gouvernance se rapporte à beaucoup de domaines. Dans notre analyse, nous allons toucher trois volets : économique, politique et social. La mauvaise gouvernance peut toucher le fonctionnement de l’appareil étatique dans son volet économique. Ainsi, les revenus ne sont pas utilisés dans des projets de développement, et les mauvais investissements dans les secteurs visant la satisfaction des besoins fondamentaux des populations pauvres ne sont pas une priorité de l’Etat. Dans son volet politique, la liberté d’expression est régulièrement violée, les postes sont partagés, et en fonction de l’appartenance politique, ethnique ; en outre, le mérite et la compétence n’existent pas, les lois ne sont pas respectées. Dans son volet social la création des écoles n’est pas régulière et quand elle l’est, elle n’est pas faite avec le matériel nécessaire, les enseignants ne sont pas qualifiés. En outre, le personnel enseignant est en sous-effectif. Ainsi, la garantie des soins médicaux aux citoyens n’est pas assurée, la sensibilisation des populations sur les problèmes de la vie en société est ignorée, et le développement des secteurs éducatifs, sportifs et culturels n’est pas non plus garanti. La mauvaise gouvernance est étroitement liée aux mauvaises mœurs : « Les mœurs doivent toute leur corruption à l’empire que les passions ont pris sur le cœur » (David Augustin de Brueys, Les amusements de la raison, 1721).

La corruption

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Quant à la corruption, elle se définit comme le fait d’accepter un bien illicite pour favoriser quelqu’un au détriment d’un autre. La corruption, c’est aussi une incitation à agir dans le faux et pour le faux. Elle peut être aussi l’utilisation abusive d’un pouvoir reçu par délégation à des fins privées comme l’enrichissement personnel ou d’un tiers : famille ou ami. Elle consiste, pour un agent public ou privé de s’abstenir de faire, de faciliter quelque chose, du fait de sa fonction, en échange d’une promesse, d’un cadeau, d’une somme d’argent. Une corruption reste et demeure comme telle, le petit péché n’existant nullement. A propos de corruption, dans Les amusements de la raison (1721), David Augustin de Brueys disait : « En nous éloignant de la simplicité des mœurs des anciens, nous n’avons gagné que plus de corruption dans les nôtres. »

Comment évoluent ces deux facteurs ?

L’évolution de ces deux facteurs du sous-développement s’observe au niveau de l’appareil étatique dans les administrations et entreprises publiques et privées et cela est de plus en plus inquiétant pour la jeunesse ivoirienne. Nombreux sont les agents de l’Etat qui, dans l’exercice d’une fonction, favorisent très souvent cette corruption qui promeut fièrement la mauvaise gouvernance. Ces deux fléaux s’accentuent chaque jour en Côte d’Ivoire car de nombreuses autorités sont très impliquées, ce qui entrave fortement les actions engagées dans ce sens pour lutter contre cela. Le plus grave danger, c’est que même certains secteurs sensibles comme la justice, la médecine, l’éducation sont atteints. Malheureusement, le coupable est celui qui circule librement et l’innocent, celui qui croupit en prison, le voleur de poule passe sa vie en prison et le ministre ou président voleur des biens du contribuable et qui a trahi la nation finit sa vie dans son château.corruption3.jpg

Conséquences de ces deux fléaux

Ces deux facteurs sont pour l’essentiel responsables de nos inégalités, des injustices et des frustrations des populations ivoiriennes. Ils constituent un véritable cancer qui s’empare de tout le corps social. Le hic, plus on ne fait rien, plus ces maux tuent la société ivoirienne et le corps social, de telle sorte que chacun se dit contraint de corrompre pour avoir satisfaction. Les forces de sécurité sont plus enclin à violer les feux tricolores, au lieu de donner la leçon en sécurisant au mieux les usagers imposant l’ordre ; elles sont devenues des agents du désordre pendant que des commerçants préfèrent mettre les sous dans la poche du douanier que dans les caisses de l’Etat. Des membres de notre administration exigent que, pour une simple signature, il faut débourser de l’argent, des dossiers des fonctionnaires qui disparaissent à la fonction publique et qui réapparaissent subitement quand l’argent de la victime visite leur poche, etc. Voici quelques éléments de la misère morale que notre pays traverse depuis déjà quelques décennies.

Remédier à la mauvaise gouvernance

Pour remédier à la mauvaise gouvernance, doit naitre une prise de conscience individuelle et collective qui doit se traduire dans la formation de mouvements sociaux solidement enracinés à l’image de ceux des Andes en Amérique latine. Apprendre à sanctionner ses leaders politiques doit être dans le projet du peuple qui doit apprendre à analyser l’action politique en toute objectivité pour avoir une position centrale quant à la sanction à mettre en place.

Pour que la donne change, les politiques doivent sentir une menace venant de ces mouvements sociaux et leur présence effective dans la sphère sociopolitique. Une société civile forte peut se doter d’un mécanisme de contrôle de l’action gouvernementale autre que celui du parlement, car au parlement c’est toujours la même majorité qui tire les ficelles et qui détient le dernier mot. En outre, l’Assemblée nationale et les élus d’un même parti politique ne sanctionneront jamais leurs camarades au gouvernement. Il faudrait aussi que le peuple exige de ses autorités un code de bonne gouvernance contrôlé par les acteurs crédibles de la société civile, par des associations autonomes qui comprennent les enjeux sociaux et les mécanismes à mettre en place pour le meilleur devenir de la population.

En réalité, nous assistons dans notre pays à la dictature des partis politiques qui sont les réels acteurs de la mauvaise gouvernance. C’est pourquoi, afin de lutter plus efficacement contre la corruption au niveau des autorités, la jeunesse, victime directe de ces malversations, doit comprendre les enjeux de l’évolution sociale et s’investir dans les mouvements sociaux pour leur donner une nouvelle dynamique. Cela obligera les décideurs à renforcer les mesures de sanction contre le corrompu et le corrupteur. Ils seront donc obligés de donner les moyens matériels et financiers nécessaires aux agents du pouvoir exécutif, législatif, et judiciaire de telle sorte qu’ils ne soient pas corruptibles, sensibiliser les populations sur ces mauvaises pratiques qui nuisent à la société, mettre en place un mécanisme de dénonciation de tous cas de corruption ou tentative de corruption.

Pour que tout cela puisse réellement impacter positivement les mentalités, un retour aux valeurs ancestrales s’impose. Chaque famille doit mettre l’accent sur les valeurs fondamentales qui régissent les règles sociales et la vie en communauté et instaurer des débats qui vont dans ce sens au sein de la famille. Comme le dit si bien Pierre-Jules Stahl dans Les pensées et réflexions diverses (1841) : « Les gens corrompus ne peuvent croire à la vertu, et les personnes vertueuses ne peuvent se figurer jusqu’où va la corruption. »

Par Mienrassou

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