« TOUT EST BOUCLÉ, GÉRÉ ET… »

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Qu’est-ce qui est ainsi bouclé et géré ? Notre vie ? Parce que justement c’est de cela dont il est question : NOTRE VIE. Beaucoup de personnes reprennent en échos ce bout de phrase laconique pour montrer la force de leur parti politique, de leurs héros. Ils engagent des débats parfois ahurissants et démentiels pour soutenir et justifier la composition actuelle de la CEI, contestée par l’opposition et beaucoup d’organisations de la société civile. Nos représentants à la maison du peuple l’ont déjà adoptée en commission. En plénière, cela passera sans doute comme lettre à la poste. Et ensuite on sautera de joie pour saluer et savourer sa victoire. Mais, quelle victoire ?

Une CEI conflictuelle a déjà montré ses limites et les dégâts matériels et humains qu’elle a occasionnés. Et à cause de cette issue sanglante et meurtrière d’autres ivoiriens sont dans les geôles à l’étranger ou tout simplement en exil, loin des leurs et de leur patrie. Voilà que la même CEI est encore objet de discordes et de désaccords ouverts. Pourtant d’un côté on se réjouit de l’avoir fait ainsi. Que perdent-ils à créer un organe consensuel pour faire des élections des fêtes républicaines et fraternelles où l’adversité n’a permis que de choisir les meilleurs du moment ?

AU NOM DE LA SOUVERAINETÉ !

Je pense que nos vies valent nettement mieux que ça. Les élections, quelle que soit leur importance, n’ont pour objectif que de donner à la république des élus capables d’apporter la paix et la prospérité au peuple. N’y-a-t-il pas un dévoiement lorsque déjà l’organe qui conduit à l’organisation et au bon déroulement de ces élections est en lui-même confligène ? Nous les suiveurs qui applaudissons à tout rompre, avons-nous mesuré les conséquences des élections chaotiques ?

2010 n’est qu’à un pas en arrière. Ses cadavres, ses charniers, ses déchirures, ses milliers de tombes et de fosses communes murmurent leurs douleur et souffrance dans le silence atroce et éternel où nos turpitudes et intransigeances les ont précipités. Combien de leaders et dirigeants politiques ont-ils perdu leurs enfants ? Ils ont perdu des collaborateurs, des combattants, des gardes du corps. Mais, ils sont tous ressortis de leurs refuges avec enfants et épouses au complet pour alimenter la vie politique empreinte d’antagonismes fratricides. D’où viennent alors les trois mille morts officiels ? De nos rangs, de nos villages, de nos hameaux, de nos campements, de nos maisons…

Quel que soit notre bord politique, parce que nous avons le droit d’en avoir, nous devons œuvrer pour éviter que les scènes apocalyptiques que nous avons connues il y a environ une décennie se répètent. Nous ne devons pas accepter ces « bouclé, géré… » qui ne sont nullement gérés, mais, plutôt bouclés sur nos vies et celle de notre progéniture. Car nous sommes fatigués de faire des décomptes macabres après chaque année électorale.

Par Irié BOLIBI, Le Prince de Laboll

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