« TINHIN KANKAN, FOU TAATAA » : AU SON DES COULEURS

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Nos langues connaissent généralement les trois principales couleurs que sont le rouge, le noir et le blanc. Pour le reste des couleurs, nous avons recours à des adverbes, des adjectifs ou d’autres ressources linguistiques telles que les comparaisons pour tenter de les exprimer avec plus ou moins d’exactitude.

Dans le parler courant, et surtout au moment d’exprimer le superlatif, chaque langue attribue à chacune de ces trois couleurs un son particulier, comme si les locuteurs, en observant les couleurs en question, percevaient aussi des vibrations sonores spécifiques.

Ainsi, pour le Gouro, le rouge résonne « kankan », le noir « tritri » et le blanc « taataa », d’où « tinhin kankan » pour dire « très rouge, rouge vif » et « fou taataa » pour signifier  « tout blanc, blanc immaculé ». Pour le noir, la racine « titi » est déjà intégrée au superlatif « tritri ».

Chez l’Agni et le Baoulé, le rouge vif fait « biohoun », et donc « kôkwlê biohoun » ; et le blanc immaculé « fitafita », et donc « oufoué fitafita ». Pour le noir, il y a une coïncidence avec le gouro, ce qui révèle une certaine identité dans la perception de la couleur noir.

En prêtant bien l’oreille, on perçoit par ces adverbes d’intensification le son aigu du rouge vif (« kankan, biohoun »), le son clair et limpide du blanc immaculé (« taataa, fitafita ») et la voix étouffée et sourde du noir (« tritri »).

Par Dr DJANDUÉ Bi Drombé

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