TERRE D’ÉBURNIE CHÉRIE

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Qu’il me soit permis de lever d’emblée toute équivoque. Chaque fois qu’on me demande si l’écriture nourrit son homme, je réponds en toute sincérité, qu’en ce qui me concerne, l’écriture se nourrit de son homme. CAMARA Nangala est un écrivain, au sens plein du terme. Je ne suis guère un commerçant qui vend des livres pour subvenir à mes besoins, dans la mesure où je boucle 40 ans de carrière en écriture ; on ne peut cependant pas dire que je roule sur l’or. En effet, je conduis la même voiture depuis 36 ans !

J’écris par amour, par passion et par PATRIOTISME. J’aime de tout mon être la Terre d’Éburnie qui m’a vu naître, qui a recueilli mon cordon ombilical et le placenta dans lequel j’ai mûri et qui recevra ma dépouille mortelle. Je lui dois, en conséquence, le meilleur de moi-même. Je chéris la Terre d’Éburnie ; je parle d’elle avec fierté. Je veux, de toutes mes forces, qu’elle soit respectée. Je veux surtout qu’elle prospère et fasse entendre sa voix dans le concert des nations du monde.

Je travaille depuis 40 ans, guidé par ces idéaux, à générer des idées d’avant-garde, porteuses d’espoir et de grandeur. Une société, en laquelle on a tué le vrai patriotisme, mène une vie végétative. La population devient amorphe. On agit et on prend des risques, par amour pour sa patrie. Fermer la voie du patriotisme à un peuple, c’est tuer son génie, son sens de l’abnégation et du sacrifice. Je marche depuis 40 ans par reconnaissance et par fidélité à la Terre d’Éburnie, en promouvant des idées qui parlent à la conscience.

LA PARABOLE DES GRAINS DE SABLE

Mes activités ont été financées par mon salaire d’enseignant, rien de plus ! Ma tournée nationale de l’année scolaire 2018-2019, qui a duré 6 mois, a été prise en charge par un sponsor. Voici planté le décor ! Ce genre d’initiatives relève, en principe, de la compétence de l’Éditeur, puisqu’il investit de l’argent pour produire les livres. Ce n’est pas un philanthrope ; il entend réaliser des bénéfices. Pour qu’il en soit ainsi, son produit doit être vendu.

Ma démarche n’est guidée que par ma volonté de faire circuler les idées. Je sors les livres de la maison d’édition, à mes risques et périls ; je les vends puis je reverse l’argent à qui de droit. J’attends la fin de l’année civile pour percevoir mes droits d’auteur qui représentent 10% du chiffre d’affaire. Illustration : un livre est vendu à 5 000 F en librairie ; 30% reviennent au Libraire, soit 1 500 F ; le chiffre d’affaire est 5 000 F – 1 500 F = 3 500 F. Je perçois donc, comme droits d’auteur, 10% de 3 500 F, c’est-à-dire 350 F ! Si 1 000 livres ont été vendus en une année, ce qui est un sacré défi étant donné l’étroitesse du marché, je percevrai 350 000 F auxquels il faut retrancher 7%, au titre des impôts. Combien me restera-t-il ? Peut-on vraiment vivre de sa plume ? N’eussent été la passion, l’amour brûlant et ardent pour la Terre d’Éburnie et la foi en un idéal, il y a beau temps que j’aurais basculé dans le panier à crabes de la politique où l’argent coule à flots et l’enrichissement sans cause se fait à grande vitesse.

Écrire est un art de vivre et un sacerdoce. Certains internautes se demandent pourquoi je ne voyage pas avec d’autres auteurs. Ces derniers partagent-ils mon inébranlable conviction ? Ont-ils la même vision et le même engagement franc que moi ? Sont-ils guidés par le même idéal ? Notre histoire récente nous a donné d’assister à de spectaculaires retournements de vestes. Des personnes, en apparence, au-dessus de tout soupçon, ont fait leur mue. Elles mangent, des pieds et des mains, depuis des années !

Le vent, qui souffle, annonce d’autres retournements de vestes en perspective. C’est le temps des girouettes ! Les anciens nous enseignent que c’est l’homme, en possession de l’antidote des piqûres de scorpion, qui se promène avec ladite bestiole dans sa poche. J’assume mes idées et mes initiatives, en toute singularité, au nom de la Terre d’Éburnie chérie !

Par CAMARA Nangala

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