SOYONS DES HÉROS POUR NOS ENFANTS!

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Nous voulons tous que nos enfants soient à notre image. C’est cela l’objet premier de l’éducation : perpétuer ce que nous sommes à travers nos enfants. Mais, cela seul ne suffit plus. Il nous faut aller plus loin. Soyons des héros pour nos enfants. Ceux qui inspirent leurs rêves et alimentent leurs ambitions dans la vie. L’héroïsme dont je parle ne consiste pas à faire des choses extraordinaires. Non, nos enfants n’en ont pas besoin. Il s’agit tout simplement de faire correctement notre travail, de pratiquer les valeurs que nous leur enseignons, à la maison et partout où nous passons. Souvent nous avons l’impression que nos enfants ne s’intéressent pas à notre travail, à ce que nous faisons. C’est une fausse impression.

D’habitude je corrige rapidement les évaluations que je fais en classe, à la fin d’une leçon, afin de les corriger avec les enfants en classe, avant d’entamer la nouvelle leçon. Ces derniers temps, gagné par la démotivation, je ne le fais plus. Je laisse parfois traîner les copies au-delà de deux semaines. Mon premier garçon qui est étudiant m’a rejoint dans la chambre un matin et m’a dit: «Bobodia, c’est comme ça qu’ils m’appellent tous à la maison, tu deviens un mauvais enseignant ces derniers temps. La poussière a englouti les copies des enfants. Qu’y-a-il?» Ma femme m’a regardé pendant que l’enfant ressortait: «Change très rapidement ta manière de faire. Sinon, tu risques de ne plus être leur héros. Ils m’ont plusieurs fois interpellée avant de venir jusqu’à toi.»

COMMENT FAIRE DE VOS ENFANTS DES GENS DE BIEN ?

Toutes les valeurs, vertus et autres dispositions morales que nous inculquons à nos enfants, n’ont de sens que si nous les pratiquons nous-mêmes. «Il faut être soi-même un exemple de la correction qu’aux autres on veut faire», disait Molière. Aujourd’hui il faut faire un pas de plus. Il faut porter les valeurs que nous enseignons très haut, pour que nos enfants les recherchent avec admiration pour en faire leurs. Nous décrions aujourd’hui le comportement de nos enfants, à cor et à cri, sans toutefois nous poser la question de savoir notre part de responsabilité dans cette dérive et cette débâcle collectives.

En 2011, à la veille de l’examen du baccalauréat, mon oncle arrive chez moi en compagnie de sa fille, candidate de série D. Il sort une liasse de billets de banque qu’il dépose sur la table: «Ma fille m’a dit qu’avec 250 000 F CFA, des enseignants peuvent l’aider à avoir facilement le bac. Cela fait trois fois qu’elle présente l’examen sans succès. Aide-moi, m’ont fils.» «T’a-t-elle dit que je fais partie de ce groupe d’enseignants?» «Non! Excuse-moi ! Comme tu es du milieu, j’ai pensé que tu pouvais nous aider. Je ne voulais pas te blesser.» Je demande à sa fille de rejoindre ma fille, candidate elle aussi qui révise ses leçons sur la terrasse. «Tonton, même si elle est bonne en classe, elle ne fera jamais d’efforts avec ce que tu lui montres. Tu es le chef de notre communauté. Que peux-tu lui dire si elle se comporte mal à la maison? Pourquoi ne vas-tu pas à la DECO, Abidjan Plateau, pour acheter le bac directement?» Il reste tête baissée. Enfin il se décide à parler: «Je crois que j’ai tort.» Il sort rejoindre sa fille dehors. Les deux repartent à la maison en silence.

Nous sommes nombreux à croire que c’est normal de frauder parce que la société s’est engluée dans la grande merde. Pourtant, nous pouvons sauver nos enfants si nous devenons leurs héros au quotidien.

Par Irié BOLIBI, Le Prince de Laboll

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