SOURIEZ, VOUS ÊTES À ÉLOKA-TÉ !

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Situé à l’est de Bingerville dans le département d’Abidjan, Akwalo-té, de son vrai nom, est un village ébrié peuplé d’environ 5 000 habitants en majorité jeunes. Akwalo-té signifie en langue atchan « Peuple de la forêt dense ». Comme dans tous les villages ébrié, les populations vivent au sein d’une société bien structurée. Elle comporte quatre grandes générations, chacune subdivisée en quatre classes d’âge appelées catégories. Actuellement, la génération Dougbô est au pouvoir, appuyée par le grand conseil coiffé par le doyen du village ou Nanan.

À la fin du règne des Dougbô, c’est au tour de la génération Tchagba de prendre la relève et, d’ici les années 2040-2050, ce seront les Blessoué junior, la génération des jeunes parvenus à la maturité, qui dirigeront à leur tour. Après quoi viendront les Gnandô.

Les quatre classes d’âge ou catégories à l’intérieur de chaque génération sont : les Djéhou, les Dogba, les Agban et les Assoukrou. C’est parmi les deux dernières citées que l’on choisit le chef du village autour duquel siègent les notables. Soulignons qu’à la tête de chaque catégorie se trouvent des guerriers qui, le moment venu, font une parade militaire appelée danse guerrière ou fête de génération.

L’agriculture et la pêche sont les principales activités des populations d’Éloka-té. Le manioc et la banane font partie des aliments de base.  Le manioc est principalement transformé en attiéké ou « ayi », en langue autochtone, pour être consommé. 

Au plan religieux, le christianisme est implanté avec l’église harriste en bonne place. Elle a été introduite en 1936 par le patriarche John Ahui, successeur légataire du prophète William Wadé Harris venu du Liberia voisin en 1913. Ainsi, notre église s’appelle « Église du Christ Mission Harriste ».

ELOKA

Nous assistons à un développement rapide de la localité à partir des années 1970. Le lotissement du village voit le jour. Les maisons en paille cèdent la place aux maisons modernes, ce qui change profondément l’aspect du village. Les belles maisons construites ça et là et les rues bien tracées fascinent les visiteurs et les pousse parfois à se demander si Éloka-té est une ville ou un village. Les travaux de bitumage de la route principale passant par Bingerville sont désormais à quinze kilomètres.

PETIT APERÇU DE LA TOPONYMIE DES PEUPLES LAGUNAIRES

Dans la société ébrié ou atchan, le jeune, à partir d’un certain âge, environ douze ans, doit se mettre à la disposition des parents pour l’exécution des travaux champêtres. Quant à la jeune fille, elle s’attèle aux travaux domestiques aux côtés de sa mère. À l’âge de la puberté, elle est mise en quarantaine dans une maison pour sa purification, signe qui démontre qu’elle est apte à fonder un foyer. Pendant toute la durée de la quarantaine, sa génération vient égayer l’endroit où elle se trouve. 

Dans les années 1930, les hommes étaient plus nombreux que les femmes, ce qui engendra la dot précoce. Quand une femme était enceinte, un adulte pouvait alors se présenter pour demander la main de l’enfant qui allait naître pour son fils au cas où c’était une fille. Mais avec le temps, cette pratique n’a plus cours. Désormais, le père du fiancé dépêche un adulte, son propre père ou un ami de la famille pour aller demander la main de la jeune fille à ses parents, avec notamment des bouteilles de Gin royal.

Ma mère venant de M’badon, un autre village atchan, Éloka-té est mon village paternel. Pour les rares fois où je m’y suis rendue, j’aimais aller au champ. J’adore ce village parce qu’il est reposant et abrite un grand terrain de sport où je ne me fais jamais prier pour aller voir des matchs de football.

Par AKOHOULÉ Adjabié Édith Patricia

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