SOMBRE EST L’OMBRE.

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Bonsoir petite maman !
Je sais que tu ne répondras plus,
Tu viens de la passer,
Ta première nuit dans le silence,
Cette solitude envahissante.
Elles t’ont sans doute fait belle,
Toute belle,
Ces habilleuses mortuaires
Qui imitent si habilement
La vie qu’il n’y a plus en toi.
Elle ont refait avec grand soin
Ta dernière mise,
Cette beauté immobile,
Dans la plus belle des toilettes
La dernière de toutes,
Celle que jamais tu ne reajusteras
Pour la mettre à ton goût,
Toi habituellement si pointilleuse,
Sur la manière de se mettre.
J’imagine tes jambes
Autrefois si mobiles et dextres,
Défiant les plus grands danseurs de ZAOULI,
Que tu manquais de si peu d’humilier,
Aujourd’hui totalement immobiles,
Étendues sur ta dernière couchette.
Tu n’es plus que silence
Ou ne suis-je pas bêtement
En train de me tromper ?
Ne serais-tu déjà pas entourée
De cette mère et de cette sœur aînée
Qui t’ont précédée là-bas
Au pays des ombres ?
Parce que là-bas
À l’au-delà
Tu es toute nouvelle
Sortant du ventre de notre nuit
Pour l’autre lumière.
Mais ici, où tu nous a oubliés
Dans notre première nuit,
De recueillement muet
Nous sommes dans la grande douleur
De ta désormais absence.
Tu as fait le dernier pas,
Même franchi le dernier seuil,
La limite du visible.
Ta première nuit dans le froid épais
De l’immense vide.
Alors que tu as refusé le froid de la morgue
Te voilà dans l’interminable froid
Celui de la nuit sans fin.
T’es-tu demandé si je suis là,
À côté de toi ?
Non, certainement pas.
Le silence est désormais ton langage
Et le noir, ton habitat,
Et il en sera ainsi pour toujours.
Repose en paix
Tu le mérites si bien
Ma petite maman !

Par Irié BOLIBI

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