SOLIDARITÉ DE CORPS DANS LA NOBLESSE (2ème Partie)

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Deux petites histoires fictivement réelles avant de continuer. Pure coïncidence si quelqu’un venait à se reconnaître dans les personnages et/ou faits décrits. Ils sortent tout droit de mon laboratoire :

1. Lors d’une tournée politique, une haute autorité gouvernementale arrive dans un chef-lieu de département dans sa région natale pour le meeting de clôture. Venue l’écouter, une foule compacte supportait stoïquement depuis des heures maintenant les rayons que lui décochait le soleil depuis son siège du Zénith. Elle sombra littéralement dans l’hystérie quand apparut l’hôte de marque. La haie d’honneur impeccablement dressée pour lui se transforma aussitôt devant lui en un arc de cercle qui reculait à mesure de ses pas lents.

Dans cette foule colorée, sonore et agitée, l’honorable visiteur aperçut un octogénaire voûté, un peu malingre mais l’œil encore très vif derrière les épaisses lunettes qui semblaient le tenir prisonnier dans sa cavité naturelle. La transpiration avait fait de son cuir chevelu nu le lit d’un fleuve en cru dont les affluents empruntaient ses tempes pour venir échouer dans ses joues creuses. Les stigmates du temps étaient là mais c’était bien lui !

L’homme politique murmura un ordre à sa garde prétorienne afin que l’on conduisît le vieil homme sous la tente d’honneur où il se hâta de le rejoindre. Debout devant lui, il s’empara du politique une timidité subite qui tranchait d’avec les effusions de joie et d’extase d’il y avait peu, face à la foule. Après quelques propos échangés pour convoquer les souvenirs, le vieux embrassa son vis-à-vis qui commençait à se détendre avant de s’asseoir. L’émotion était perceptible à un kilomètre à la ronde. Les deux hommes venaient de se revoir après plus de cinquante ans ! L’un fut le maître d’école de l’autre. Celui qui lui donna ses premiers rudiments scolaires et à qui il sera redevable À VIE. Ils poursuivirent la cérémonie en voisins avant de se séparer dans un mélange de souvenirs émus, de fierté et de projets…

SOLIDARITÉ DE CORPS DANS LA NOBLESSE (1ère Partie)

cité adm Plateau

2. Lundi matin de février, presque 08 heures. Tour C de la Cité Administrative au Plateau. Après avoir rejeté deux techniciennes de surface munies de leurs attirails de service, l’ascenseur garde la bouche grande ouverte pour avaler goulument ses premières masses d’usagers. À la suite d’une brève pagaille faite de chocs de semelles et de jeux de coudes, une dizaine de personnes réussirent à se frayer une place dans l’engin à mobilité verticale. Ces personnes se tenaient désormais face à celles restées dehors, dans un échange de regards inexpressifs mais soutenus. Jusqu’à la fermeture des battants. Juste à ce moment, une lumière rouge s’éveilla dans la tête de Professeur BLÉ Luc : la silhouette qu’il venait furtivement de voir ne lui était pas inconnue. Il appuya juste à temps sur le bouton No 2 afin de descendre à ce niveau et venir retrouver au moyen des escaliers cette personne. Heureusement qu’elle était encore là au milieu de la multitude qu’il avait laissée et qui avait un peu grossi en trois minutes. Le Pr BLÉ n’eut aucun mal à l’en extraire, faire quelque pas, avant de lui décliner son identité d’il y a trente-sept ans. L’interlocuteur, aux allures de jeune retraité, activa sa manivelle mentale à remonter le temps avant de lancer enfin : ‘‘ Oui, oui, oui ! Tiens ! Tiens ! Qu’est-ce que tu deviens toi ? ’’

La conversation s’engagea alors entre le Pr BLÉ, (Professeur des Universités, jeune professeur titulaire, ès sciences économiques) et celui qui fut son professeur de français en 6ème mais surtout son professeur principal qui a su le border de sa couverture affective. M. BOMISSO, de son nom, fut pour le jeune Luc et ses condisciples venus du CM2 le conseiller et le guide dans ce nouvel univers si convoité mais si étrange qu’était le collège. L’ancien élève de 6ème dégoulinait encore de souvenirs, de gratitude et d’émotion quand son professeur principal À VIE, du haut de ses soixante-onze ans, amorça une longue étreinte en vue d’évacuer le trop plein émotionnel. Puis ils se séparèrent après échange de contacts pour une rencontre imminente…

Suite: SOLIDARITÉ DE CORPS DANS LA NOBLESSE (3ème Partie et Fin)

Par Mamadou TRAORÉ

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