SIX MOIS D’IMMERSION CULTURELLE À MALABO (1ère Partie)

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Mercredi 30 janvier 2019, notre rédaction a rendez-vous pour une interview longtemps souhaitée. Un peu de répit dans une journée pleine de rebondissements. C’est vrai que le principe était acquis depuis plusieurs jours et que la balle se trouvait dans notre camp. À 14h30 je gare sur le flanc gauche de la Pharmacie de la Cité. Il s’agit de la Cité rouge, une résidence universitaire au centre de la commune chic de Cocody.

Quelques minutes d’attente après un appel et celle que je viens rencontrer est là. De commun accord, nous décidons de nous asseoir sur l’un des bancs en béton disposés dans la cour de la cité pour permettre aux résidents et aux visiteurs de prendre de l’air. La pluie menace de tomber mais on peut encore se permettre de rester dehors. J’adore sentir le ciel au-dessus de ma tête. Aussitôt après les civilités, nous entrons dans le vif du sujet. L’interview se terminera cependant dans une grande salle, un soleil violent ayant eu rapidement raison d’une pluie trop hésitante.

Je suis avec Mlle Ouhon Dié Anastasie, doctorante en civilisations hispano-africaines au Département d’Études Ibériques et Latino-Américaines de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan-Cocody. Elle est originaire de l’ouest montagneux, précisément de Totrodrou dans le Département de Kouibly. Totrodrou est un village wobé situé au cœur d’une chaîne de montagnes.

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Comment et pourquoi cette jeune femme à la fois timide et chaleureuse, et au teint lunaire, s’est, de son Totrodrou natal, retrouvée à Malabo, la capitale de la Guinée Équatoriale ? « Je suis étudiante chercheur et mon domaine de recherche nécessitait une présence sur le terrain pour toucher de près ce que j’étudie. » C’est avec une bourse qu’elle se rend donc au pays de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo pour y faire des recherches sur l’intégration de la Guinée Équatoriale dans la CEMAC, la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale.

Arrivée un jour à 1h du matin dans un pays étranger, elle a tout de suite compris, à travers le changement de langue, qu’elle n’était plus en Côte d’Ivoire. Cette sensation de changement, de rupture avec l’air natal ivoirien était encore renforcée lorsque des paroles en fang étaient mélangées à la langue espagnole et qu’elle ne parvenait donc plus à comprendre ce qu’on disait autour d’elle. « J’ai séjourné six mois deux semaines à Malabo, presque sept mois. »

MALABO

T’est-il arrivé, pendant tous ces mois, de visiter d’autres localités à part la capitale Malabo ? « J’ai été plutôt en banlieue. » Notamment à Sipopo où se trouve une plage artificielle. À Batété vivent les criollos , des descendants d’esclaves déportés du Liberia, de la Sierra Leone et de la Côte d’Ivoire. Il y aurait parmi eux des descendants de Kroumen ivoiriens; ils parlent l’anglais vulgaire appelé le pidggin. Moka est la terre natale du dernier roi bubi (Malabo Lӧpèlo Mёlaka) dont le nom a été donné à la l’Île de Malabo. « J’ai même rencontré l’un de ses petits-fils et un autre plus tard à Madrid du nom de Pocho, sans doute un pseudonyme. »

Suite: SIX MOIS D’IMMERSION CULTURELLE À MALABO (2ème Partie et Fin)

Interview réalisée par DJANDUÉ Bi Drombé

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