SCARIFICATION, NOMS ET EXORCISME EN PAYS BAOULÉ

0 691

Obtenez des mises à jour en temps réel directement sur votre appareil, abonnez-vous dès maintenant à Attoungblan.net.

L’un des traits permettant d’identifier le Baoulé est une légère scarification ou « ngolè », généralement sur la joue gauche. Ce petit signe est associé à une maladie communément appelée « n’glôglô » ou « anouman », oiseau en baoulé, une maladie à fièvre convulsive chez les enfants. L’expression « n’golè » est aussi utilisée en baoulé pour dire injection ou vaccin, allusion faite à la petite entaille corporelle permettant d’administrer les médicaments ou soins traditionnels. En dehors de cette fonction médicale, la scarification en pays baoulé est une forme d’exorcisme.

Selon une croyance largement partagée dans le V baoulé, certains enfants sont des farceurs. Pour les mêmes parents, un enfant peut naître et mourir plusieurs fois. Ainsi, dans les familles où les décès d’enfants sont fréquents, une triple scarification ou « n’golè » est pratiquée de chaque côté de la bouche, aux coins des lèvres du nouveau née, pour l’identifier et mettre fin à ses incessants « vas et vient ». Cet acte est appelé «n’zoliè », c’est-à-dire « ce qui permet de se rappeler ou de reconnaître ».

La même croyance va jusqu’à dire que certains enfants décédés sur qui on a pratiqué la scarification par dépit, sont nés de nouveau avec les mêmes marques et ne sont plus morts. Cette catégorie de personnes est reconnaissable par le « n’golè » appelé « ako dja » ou patte de poulet, ou encore par leurs noms. On les appelle le plus souvent  Afègbin, Nafiassu, Kangha, etc., soit, respectivement « Souffrance cadeau », « Je n’y compte pas », « Reste cette fois-ci ». Ou par des noms d’animaux, d’insectes ou de végétaux : Kakaha (insecte), Ako (poulet), Assoua (porc), Ellah (iroko).

  Par Dr LALÉKOU Kouakou Laurent

Commentaires
Loading...
%d blogueurs aiment cette page :