SAVENT-ILS QU’EN NOUS FAISANT DU MAL ILS ENFONCENT DAVANTAGE LE SYSTÈME ÉDUCATIF ?

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J’ai beau retourner la question dans la tête, je n’arrive pas à y trouver une réponse, une esquisse de compréhension. Comment dans un État organisé, peut-on à ce point se renier? Dans le combat que nous avons mené, contre vents et marées, pour un profil de carrières clair, et qui nous a valu de nombreux coups, parfois très bas, dans le milieu des travailleurs du secteur éducation-formation, nous n’avons jamais imaginé ce scénario qui nous ridiculise et jette l’opprobre sur tout l’ensemble du système éducatif. Nous sommes désormais habitués à la roublardise, à la fausseté et au rabaissement. Mais, nous ne pouvons pas comprendre que tout un ministère dénie de la sorte ses propres normes, décisions et mesures.

Que signifie pour notre tutelle ministérielle « Concours exceptionnel de promotion dans les grades A5, 6 et 7 »? Qu’est-ce que promouvoir un agent ou un travailleur ? Croit-on qu’il suffit de lui coller une lettre affublée d’un chiffre pour crier partout qu’on a élevé à un grade supérieur, qu’on lui a donné une promotion? Promouvoir, c’est élever à un grade supérieur, certes, mais en même temps c’est élever à un rang supérieur. Où est donc le pas que nous avons fait en avant, si en même temps qu’on nous promeut on nous maintient à notre ancien poste et à notre ancienne fonction? Pourquoi a-t-on fini par tout rabaisser, tout dénaturer, tout ternir, tout dévaluer de la sorte dans ce pays? Pourquoi se plaît-on dans la propagande puérile à l’encontre de la dignité, de l’épanouissement, de la vie de ceux qui construisent la conscience académique et intellectuelle nationale? Qu’espère-t-on dans cette démarche destructrice de l’élan laboral?

Il y a tant à dire sur ce concours professionnel qui a fini par nous ravaler à L’IDIOT. Nous sommes malheureusement dans ce schéma qui consiste à brandir à la face du monde des artifices ronflants à la place de ce qui doit être. Cependant, notre système éducatif est déjà trop vermoulu pour qu’on lui ampute les quelques piliers qui résistent encore aux coups de boutoirs qui lui arrachent chaque fois des pans entiers. J’ai ri aux éclats lorsque j’ai lu le thème de cette année scolaire: « Enseignants compétents, performants et engagés, assurance d’une école de qualité ». Est-ce de cette manière qu’on fait de l’enseignant un travailleur compétent, performant et engagé ?

Peut-être qu’ils pensent que la plupart de la première vague de ces promus moqués étant à la porte de sortie, les traiter ainsi n’a aucun impact sur l’école. « Mais le bois vert voit toujours comment on traite le bois mort. Et il se comporte en fonction de ce qu’il a vu. » Ils nous ridiculisent sans doute, en nous jetant à la face une promotion claudicante et vidée de toutes substances de dignité et de considération. Mais ils creusent des fossés encore plus profonds entre les objectifs de l’enseignement et ceux qui doivent les réaliser. Et pour achever de nous convaincre que l’enseignant ne vaut pas grand-chose, c’est au moment où ils humilient à tous les niveaux les enseignants, coupures et suspensions abusives de salaires, promotions factices et recrutement à la criée d’enseignants, qu’ils leur consacrent le thème d’une année scolaire, comme pour dire: « Qui aime bien humilie bien »

Par Irié BOLIBI, Le Prince de Laboll

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