RÉVOLUTIONNAIRE !

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En 2010 les politiciens kényans ont osé l’impensable en Afrique: donner à leur système judiciaire sa véritable indépendance de l’Exécutif. Fait extrêmement rare sous nos tropiques.

L’article 157, donne naissance au bureau du Procureur, qui est indépendant du ministère de la justice. Ce magistrat est nommé par le président de la République sur proposition de l’Assemblée Nationale:

– Une fois installé plus personne ne peut le démettre de ses fonctions, sauf par vote à la majorité qualifiée de l’Assemblée Nationale qui peut se saisir à tout moment.

– Il est le supérieur hiérarchique de toutes les forces de sécurité publique.

– Ce super procureur ne peut faire qu’un seul mandat de 8 ans et bénéficie à vie, pour lui et sa famille, de la protection des services secrets kényans.

– Il a le salaire et les avantages d’un président d’institutions. Sa retraite est quasiment équivalente en termes de rente et accès aux privilèges de celle du président de la République.

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Ainsi, son intégrité physique étant assurée par les services de sécurité de l’état, véritablement indépendant et financièrement assuré de bien finir ses jours, le premier procureur n’a pas tardé à faire regretter aux politiciens ce choix de séparation totale des pouvoirs Exécutifs et Judiciaires.

Le DPP (Director of Public Prosecutions) mène en ce moment même plusieurs enquêtes contre la femme de l’actuel président. Il a fait arrêter de nombreux magistrats corrompus. En juillet dernier c’est le tout puissant ministre des finances kényan, Henry Rotich, un des piliers du gouvernement du président Uhuru Kenyatta, qui a été arrêté et jeté en prison. 27 fonctionnaires de hauts rangs l’ont suivi.

Il faut dire que le ministre avait fait fort. Un projet de barrage devait coûter 46 milliards de shillings (397 millions d’euros). Or, c’est un prêt de 63 milliards de shillings qui a été contracté par le Trésor. Soit 17 milliards de trop, auxquels s’ajoutent des centaines de millions débloqués (notamment en compensations foncières) pour ces infrastructures qui n’ont jamais vu le jour. Le contrat avait été octroyé à la société italienne CMC Di Ravenna, alors même qu’elle entrait en liquidation. Le procureur a déclaré à la télé qu’il semblerait qu’il y ait eu connivence avec la présidence dans ce dossier. L’enquête suit son cours et des points réguliers sur toutes les affaires sont faits dans la presse et sur le site web de l’institution.

Ça donne à réfléchir n’est-ce pas ?

Par Jean Christian KONAN

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