REPAS DE FÊTE AU VILLAGE DANS LA CÔTE D’IVOIRE D’HIER

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Dans ce monde qui est devenu un Village planétaire, les villages d’aujourd’hui ne sont plus ce qu’ils étaient. Il n’y a aucun doute que les choses aient également beaucoup évolué par rapport au régime alimentaire des personnes en zones rurales. Mais qu’il me soit permis de me souvenir de ce qu’était autrefois la vie dans mon village, notamment en ce qui concerne les repas du jour de l’an.

Les cultures qui pratiquent la danse masquée connaissent cette catégorie de masques qui ne sort qu’une fois par an, voire plus rarement. Dans mon village à Kononfla, certains repas, certaines recettes avaient cette caractéristique. On n’en mangeait qu’une fois par an: le 1er janvier. Pour les parents, le défi était de cuisiner ce qu’on n’avait pas l’habitude de consommer, ce qui excluait d’office les sauces classiques, à moins de les remplir de viandes ce jour-là. La sauce pistache était alors la préférée dans la plupart des ménages.

Tôt le matin, les poulets tués étaient plumés et dépecés par les plus jeunes de la famille. Et l’air était bientôt déchiré et chargé de senteurs inhabituelles qui murmuraient à vos oreilles que ce jour n’était pas un jour comme les autres: les petits pois ou les macaronis remplaçaient le riz couché ou venaient le renforcer. Ou alors c’était le ragoût d’igname à la viande qui, de sa couleur orangée, vous arrachait aux habitudes alimentaires profondément enracinées. Et que dire du fameux «riz au gras», le tchep ivoirien dans toute sa splendeur, une recette qui a fait sourire et courir des générations d’enfants dans nos contrées. On se l’arrachait jusqu’à la croûte imbibée d’huile.

On peut ajouter à cette liste le couscous pour clore notre petit tour des repas de fête qui égayèrent naguère nos papilles gustatives. C’était comme si une loi non écrite avait disposé que ces plats fussent réservés pour le jour de l’an. Passée cette date, ils retournaient dans la « forêt sacrée » pour y attendre tranquillement, à l’abri des regards profanes, qu’arrivât à nouveau le grand jour. Chacun n’avait alors qu’à prier pour être encore présent l’an prochain, au rendez-vous des saveurs annuelles.    

Par Dr. Paul-Bathesty DROMBÉ

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