RECRUTEMENT D’ENSEIGNANTS CONTRACTUELS : NÉCESSITÉ FAISANT LOI, COMPÉTENCE FERA FOI… (1ère Partie)

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Qui a dit que le débat sur le recrutement des contractuels était malsain ? De mon point de vue, NON ! Il ne l’est pas, il est même à encourager. Juste à recadrer un peu. Parce le débat intellectuel et social est à la marche de la vie publique ce que les actions et manifestations pacifiques sont à la vie démocratique. C’est un indicateur pour le gouvernant en même temps qu’il y puise de la matière pour sa gouvernance. Par l’interaction qu’ils permettent, les réseaux sociaux sont aujourd’hui le Fou du roi d’une certaine époque dans les cours royales. Ils ont une dérogation pour presque tout dire. De surcroît, quand le sujet concerne notre cher ministère, un ministère où tout problème microscopique doit absolument devenir macroscopique…

Le développement de cette actualité a malheureusement fini par mettre en opposition tranchée les enseignants selon leurs modes de recrutement (direct ou par ENS, CAFOP) alors que les énergies communes devraient être plutôt dirigées vers l’Autorité qui a à charge d’améliorer l’ensemble du système, y compris les frustrations. En effet, en vertu de ses prérogatives régaliennes, il a plu au gouvernement de procéder à titre exceptionnel au recrutement d’enseignants contractuels pour combler urgemment le déficit criant d’enseignants au Primaire et au Secondaire. L’acte n’est ni illégal ni nouveau mais le contexte (de juxtaposition avec la situation des étudiants de l’ENS et celle d’attente de premier mandatement chez d’autres) dans lequel il est posé contribue à alimenter la polémique jusque chez les parents d’élèves.

Un principe non écrit qui sous-tend l’enseignement dit : ‘‘il n’y a que les meilleurs (sinon les bons) qui apprennent aux autres’’ Or, qui doit attester que le préposé à l’enseignement est BON pour l’emploi ? De fait, si les enseignants issus de l’ENS bénéficient du crédit académique du concours d’entrée et de la ‘‘certification’’ pédagogique de l’inspection finale avec une portée internationale, les contractuels, eux, ont tout à prouver après leur recrutement sur vérification de leurs diplômes universitaires. L’éventuelle intervention dans un établissement privé n’étant pas un critère d’éligibilité.

Étant donné que la nécessité a fini par s’imposer en loi ayant dicté ce recrutement, il revient donc à ces recrues de convaincre sur leurs compétences futures. Pour ma part, je ne voudrais pas présumer d’une incompétence dès maintenant car il n’est de bon enseignant que l’enseignant consciencieux et motivé. Consciencieux par la vocation et le sacerdoce, motivé par des conditions de vie et de travail améliorées. Un enseignant issu de l’ENS ou du CAFOP qui, grisé par ce parcours, n’actualise pas ses données ne peut que se laisser corrompre (au sens primaire du terme) par les années jusqu’à devenir un piètre enseignant. A contrario, le contractuel ou celui qui est recruté directement sans véritable formation initiale peut exceller dans le métier s’il a l’humilité et l’abnégation au travail.

Suite: RECRUTEMENT D’ENSEIGNANTS CONTRACTUELS : NÉCESSITÉ FAISANT LOI, COMPÉTENCE FERA FOI… (2ème Partie et Fin)

Par Mamadou TRAORÉ

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