RECRUES RECALÉES : L’EXCEPTION PEUT CONFIRMER LA RÈGLE MAIS ELLE NE PEUT LA REMPLACER. (1ère Partie)

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Le sage dit que « Si ce que tu as à dire n’est pas plus beau que le silence, alors abstiens-toi de le dire. » Je pense que ce n’est pas mon cas sur ce sujet presque éculé de ces admis-recalés, tant il a réussi à supplanter le dossier MUGEFCI-CMU dans nos groupes. D’où, je m’autorise à apporter mon grain de sel là où d’éminents sachants ont déjà pu déposer leur salière entière.

Les amis, il est vrai que des dossiers de candidats ont été retenus puis eux-mêmes déclarés admis. Également vrai qu’ils ont même été conviés à une formation d’environ quarante-cinq jours. Tout aussi vrai que la situation n’est pas sans conséquences (psychologiques, sociales, économiques, familiales…) sur la vie des recalés. Truisme aussi que le déficit d’enseignants est criant. Par-dessus tout, évident que notre ministère a fait preuve d’une énième légèreté… MAIS, MAIS…

Les profils recherchés pour ce recrutement n’étaient-ils pas CLAIREMENT indiqués dans l’appel à candidature ? À la découverte des anomalies et inadéquations des diplômes, devrait-on laisser « le mal » se poursuivre parce que déjà lancé, avec tous les risques? L’arrêt du processus à ce moment précis, avant même les prises de service sur le terrain n’est-il pas de loin préférable à une poursuite scandaleusement inédite, avec des effets incalculables? Au vu des insuffisances dans la mise en œuvre de la bivalence, devrait-on continuer à ignorer l’importance des connaissances académiques dans le background de l’enseignant? Les exemples du privé brandis comme explication, sont-ils vraiment des modèles à imiter quand on sait que dans certains établissements privés, les règles de recrutement sont tout sauf objectives?

Chers collègues, chers concitoyens, on ne peut régulièrement se désoler de l’état de déliquescence du système éducatif et de la dégringolade du niveau des apprenants pour ensuite soutenir une posture aussi facile. Ce n’est pas parce qu’une Administration s’est abonnée aux actes de bricolage dans son département que, si elle se ressaisit in extremis aujourd’hui, il ne faut pas la saluer pour ce fait précis qu’elle a du reste créé elle-même. D’ailleurs, dans un ensemble dont on désespère, il peut se trouver des éléments lucides pour tirer la barque vers le haut. Ceux-là méritent respect et déférence.

Cela dit, il est temps de rompre avec ce réflexe de sentimentalisme qui frise parfois la sensiblerie. Même hors du système. Tenez! Des personnes décident aujourd’hui d’occuper un trottoir, demain c’est une partie de la chaussée, après-demain c’est toute la voie de part en part qui est investie. Et le jour suivant, quand la force publique doit les en déloger, on crie au scandale! D’autres, malgré les interpellations sur l’imminence ou l’effectivité des dégâts des eaux dans leurs zones d’habitation jugées à risques, se refusent à tout déplacement. Au motif qu’elles ne savent où aller. Quand elles y sont contraintes, on crie au loup ou à la cruauté des gouvernants. Plus loin, quand on va en amont de ce site, on retrouve les causes de ces inondations: des gens ont bâti sur des emprises, rendant impossible toute évacuation d’eaux de pluies. Et lorsque survient la démolition des bâtiments, c’est l’émoi. Souvent c’est une émotion à forte teinte politique qui s’en mêle. Alors qu’une famille ou deux mettent en péril la vie de centaines d’autres.

Il faut pouvoir en sortir. Même si le laxisme de départ de l’Administration est à dénoncer, la part de responsabilité de ces citoyens est beaucoup plus importante. Même dans le milieu scolaire, quand on démasque et met aux arrêts des fraudeurs, c’est le tollé généralisé parce que les plus grands fraudeurs seraient à la tête de l’État!

Suite: RECRUES RECALÉES : L’EXCEPTION PEUT CONFIRMER LA RÈGLE MAIS ELLE NE PEUT LA REMPLACER. (2ème Partie et Fin)

Par Mamadou TRAORÉ

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