RÉCIT D’UN CONFINEMENT EN RÉSIDENCE UNIVERSITAIRE

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Depuis plus d’un an que je suis admise en résidence universitaire dans une chambre double, je n’ai jamais pensé que je serais confrontée à une telle situation. Un soir, au journal télévisé, le gouvernement annonce l’isolement du Grand Abidjan du fait de la crise sanitaire liée à la pandémie du Coronavirus. Suite à cette décision, avant son entrée en vigueur, de nombreux étudiants décident de regagner l’intérieur du pays. Ma voisine de chambre fait partie de l’exode; je me retrouve toute seule, confrontée à un dilemme: ma mère qui ne cesse de me demander de quitter la cité et mon envie de rester pour veiller sur nos affaires, avec les autres filles encore présentes. Sur le palier de 9 chambres habitées par 18 étudiantes, il en reste une dizaine et, vu que je suis le chef de palier, je me sens un peu dans l’obligation de rester aussi.

Un jour, on tape à la porte. Quand j’ouvre, c’est la directrice de la cité qui vient me demander de faire le recensement sur mon palier pour une remise de dons. J’accomplis immédiatement mon devoir car, pour la majorité des étudiants confinés en cité, c’était un peu difficile d’avoir de quoi se nourrir. Les premiers dons sont composés d’un sac de riz de 25 kg, un carton d’huile de 8 bouteilles et un carton de 8 boîtes de pâtée par palier; les seconds, d’un kit de lavage des mains dont un grand sceau avec une pompe, un autre sceau pour recueillir l’eau savonneuse placé en dessous du premier, un gros rouleau de papier hygiénique pour essuyer les mains après le lavage et un panier poubelle pour recueillir le papier hygiénique après usage; le tout accompagné de lots de cache-nez. Un autre jour, nous sommes convoqués à un grand rassemblement au terrain de football par les différents directeurs de cité pour recevoir les dons de notre regretté Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly. Chaque chef de palier est appelé à se placer derrière un lot de dons composé de 4 cartons de riz contenant 20 sachets d’1 kg, 2 cartons d’huiles de 12 bouteilles chacun. Ce fut la dernière remise de dons.

Au début, je faisais le marché pour deux ou trois semaines; je le gardais au congélateur et le renouvelais à chaque fois. Pour les filles ce n’était pas aussi difficile, contrairement aux garçons, en ce qui concerne la cuisine. Un jour, quand j’ai fini ma cuisine, j’ai servi mon délégué d’Amphi qui a partagé le repas avec son ami. Suite à cela, ils ont commencé à contribuer aux dépenses afin d’être servis plus régulièrement. De ce fait, la nourriture ne manqua pas chez nous pendant toute la période de confinement. Chaque soir, les étudiants du bâtiment d’en face se réunissaient autour d’une table avec une bonne ambiance et échangeaient sur les sujets brûlant du moment.

Cette période était certes difficile pour tous à tous les niveaux, mais nous, étudiants confinés en résidence universitaire, l’avons passée dans la fraternité, le partage et la cohésion sociale en respectant les mesures barrières.

                                                                                                          Par Marie-Paule BLÉ

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