QUEL RAPPORT ENTRE LES TERMES BAOULÉ/AGNI «AKOTO» ET «A KOTO»?

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Dans la pratique du kômian, le prêtre ou la prêtresse est toujours accompagné d’un «homme portant le qualificatif d’akoto». L’akoto est au kômian ce qu’est l’apprenti au chauffeur de gbaka. Le Dictionnaire Baoulé-Français le définit par conséquent comme «serviteur, accompagnateur du danseur de kɔmiɛn» ou, plus généralement, «acolyte, complice d’une personne»; le «ropéro» moderne dans sa version la plus traditionnelle. L’akoto est aussi cette personne toujours à côté d’un masque-danseur pendant sa prestation.

Fils de kômian, j’ai vu plusieurs akoto se succédés auprès de ma mère. Mais les Gouro disent plutôt kotcho, eux dont la langue maternelle a un problème personnel avec le «A» en position initiale. L’akoto précède le kômian avant chaque danse «pour voir s’il n’y a pas d’ennemis», si tout est bien en place; est chargé de la supervision active des sacrifices ou de la recherche des plantes médicinales en forêt. Confident des esprits, il sert de porte-parole, voire d’interprète pendant les consultations publiques. Ma mère appelait d’ailleurs son akoto «you-zan», ce qui veut dire littéralement «propriétaire du fétiche».

Ce rôle de fidèle serviteur trouve son explication dans le sens premier du mot «akoto», quand on remonte à ce qui pourrait être son étymologie. En effet, «akoto» (en un mot) pourrait bien être le résultat d’une substantivation de «a koto» (en deux mots). En baoulé (et en agni aussi sans doute), la phrase «a koto» signifie «tu es à genoux». Or quand on est à genoux, on est dans une posture de soumission, de service; c’est un geste qui exprime à la fois humilité et obéissance.  D’où les fonctions susmentionnées de l’akoto à côté de la kômian ou du masque.

Par Dr. Paul-Bathesty DROMBÉ

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