QUAND ON MANGE TROP CHEZ LES AUTRES, ON FINIT PAR MANGER SON TOTEM.

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Beaucoup m’ont demandé d’élucider ma pensée. Depuis un certain temps, sur la toile, tous les Africains, et principalement ceux de la diaspora, s’offusquent des déclarations de deux chercheurs français qui proposent d’essayer les éventuels vaccins en préparation sur les Africains, parce qu’ils sont mieux disposés à un tel essai. Je comprends cette levée de boucliers et je la partage entièrement. Seulement, je trouve que depuis longtemps nous avons prêté le flanc à ce genre de déclarations.

Pourquoi n’ont-ils pas indiqué les pays asiatiques où vit plus de la moitié de la population mondiale pour leur terrain d’expérimentation? Tout simplement parce que l’Asie depuis longtemps s’est affranchie de fort belle manière de l’ogre occidental, dans tous les domaines de la vie. Le mal qui fait trembler le monde, et plus particulièrement l’Occident avec les trois quarts des décès mondiaux, a débuté en Asie. La Chine et les pays satellites n’ont jamais tendu la main aux autres pays pour faire face à cette délirante crise sanitaire. L’OMS, s’est contentée de décompter de manière macabre les cadavres. L’Occident s’est attelé à rapatrier ses ressortissants de Chine. La solidarité entre des nations liées par un destin moderne commun ne s’est pas manifestée à l’égard de la Chine, considérée par l’Occident de manière tacite, uniquement comme un adversaire dans la course au développement, dont la chute réjouit les autres.

Mais, elle a tenu son pari, tout comme les pays tels que la Corée du Sud. Qu’a tiré l’Occident de son choix? La propagation en son sein du coronavirus avec une ampleur jamais atteinte ailleurs, avec son corollaire d’hécatombe apocalyptique. Nous autres, satellites naturels de l’Occident, copions aveuglément tous les faits et gestes de l’Occident pour les reproduire chez nous, dans l’espoir d’avoir son aide et son soutien à travers ses institutions financières internationales. Et effectivement, elles ont commencé à nous verser des miettes assorties de propos outrageants, avilissants, humiliants et dédaigneux, frisant très souvent le ravalement à la bête. Alors que jamais ils n’ont proféré de telles grossièretés à l’encontre des pays asiatiques. Et ils en connaissent la raison.

QUAND L’AFRIQUE DIT NON MOLLEMENT.

Et c’est maintenant nous nous sentons offusqués et blessés, alors que nous avons toujours fonctionné ainsi. Nous avons existé ainsi, attendant l’aide et les dons extérieurs pour réaliser notre développement; si bien que des pays dont la superficie atteint à peine le millième du territoire africain, réunissent tous nos présidents pour parler de notre avenir, comme si nous étions incapables de réfléchir par nous-mêmes, après plus d’un demi-siècle d’indépendance, afin de penser notre choix de vie. Tous ces intellectuels africains qui jouent aujourd’hui la vierge effarouchée, ont préféré, pour la plupart d’entre eux, un exil économique et financier en Occident, au lieu de descendre dans l’arène du développement sur le sol africain. Les quelques rares qui nous reviennent sont des vassaux de l’Occident qui appliquent à la lettre les plans d’exploitation de leur propre terre au profit de l’Occident. Ou bien, ils sont des dieux de la politique qui viennent créer des partis politiques, au lieu de faire bénéficier leurs différentes expériences acquises à la population, dans d’autres domaines de la vie que la politique.

La conséquence est sans appel: nous sommes la chose de l’Occident qui peut en jouir à sa guise, quitte à faire de nous des rats de laboratoires en recherches médicales et pharmaceutiques. «Quand on mange trop chez les autres on finit par manger son totem», disent les anciens. Après nos réactions véhémentes face à l’injure qui nous est faite, il nous faut chercher à nous comporter de telle sorte que nous n’ayons plus à subir ces propos vexants et humiliants. Le coronavirus marque un tournant décisif dans l’histoire du monde en ce début de siècle. Quelle que soit l’issue de cette crise, il y aura un avant et un après coronavirus. L’Afrique doit saisir sa chance pour repenser son développement en ne comptant que sur ses propres enfants. Car, quand tu te comportes en crabe, on te mange avec beaucoup de bruits.

Par Irié BOLIBI, Le Prince de Laboll

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