QUAND LES IVOIRIENS VEULENT VRAIMENT MANGER DU PAIN

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Il existe des façons classiques et plus ou moins universelles de manger le pain à travers le monde. Pour beaucoup de ces façons (avec du café au lait, de la sardine, du beurre ou du pâté, de la viande ou des omelettes…), la Côte d’Ivoire n’est pas en reste. Mais le propos de cette contribution est de présenter quelques recettes ivoiriennes atypiques ou à forte coloration locale même si, là encore, tous les humains étant taillés dans le même bois, les pratiques peuvent coïncider avec ce qu’il se fait et se mange ailleurs sous d’autres cieux.

Les Ivoiriens sont de grands consommateurs de pain, sans doute un héritage de « nos ancêtres les Gaulois ». Selon Oumar Ndao (21 janvier 2019), l’industrie du pain et de la pâtisserie a pris du volume ces dernières années, grâce à l’avènement de nouvelles boulangeries au design attractif et au menu qualitatif. Ces boulangeries-viennoiseries proposent différentes variétés de pain, des croissants et autres brioches, des cakes, des gâteaux d’anniversaire, mais aussi des glaces…, à des prix accessibles.

Au point que nous avons récemment créé l’expression «être/mettre quelqu’un dans pain». Et c’est justement parfois lorsque nous sommes financièrement dans pain, c’est-à-dire, en difficulté au niveau du pouvoir d’achat, que des recettes austères à base de pain s’imposent ou se proposent à nous. Mais il est vrai, ce peut être aussi par le désir de s’accorder un plaisir simple.

PAIN ARACHIDE

Un retour dans mes souvenirs d’enfance me laisse entrevoir, comme si c’était hier, ma mère verser la sauce graine dans de gros morceaux de pain en guise de petit déjeuner avant que nous ne prenions le chemin de l’école. Plus tard, au lycée, j’affectionnais particulièrement le pain à l’huile de table. Il y avait une boutique sur l’un de mes chemins où, avec 50 F CFA, je m’offrais régulièrement ce goût pur et précis: du pain pour 35 F et, à l’intérieur, en imbibant la mie blanche, 15 F d’huile «Dinor». Cette combinaison est encore plus savoureuse avec le pain chaud ou, tout au moins, du jour. Si vous ne l’avez jamais fait, essayez une fois en passant cette même qualité de pain avec la pulpe de coco ou les grains d’arachide grillés.

Mais quand le pain est devenu «godio» ou rassis, on peut encore le sauver avec du «café baoulé», ou en le faisant frire par petites tranches. Le «café baoulé», c’est de l’eau potable dans laquelle on dissout du sucre (en poudre ou en carreaux) pour consommer le pain. Cette eau sucrée passe encore mieux avec le pain «godio» qui, devenu dur après plusieurs jours, se ramollit au contact de l’eau et vous fond entre les dents en vous procurant un plaisir humide. Quant aux tranches de pain frites ou «grillées», elles sont, dans le meilleur des cas, d’abord trempées dans un bain d’œufs battus avant d’être jetées dans l’huile chaude.

Pour conclure, on peut se demander pourquoi «café BAOULÉ». Depuis longtemps, en effet, on dit des Baoulé, peuples majoritairement installés au centre de la Côte d’Ivoire, qu’ils sont de grands mangeurs de pain. Les Baoulé en raffolent tellement qu’ils n’hésitent pas à consommer le pain avec ce qu’il leur tombe sous la main. Alors en l’absence de café et de lait, l’eau sucrée fait parfaitement l’affaire. Sinon, ce sont des morceaux de poisson frits qui sont alignés dans le pain pour être expédié là où il faut. Par ailleurs, les Baoulé ne manquent jamais, en revenant de voyage, d’emporter du pain pour leurs proches et/ou pour leur propre consommation pendant le trajet. Ceci explique peut-être cela!

Par Dr. DJANDUÉ Bi Drombé

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