QUAND LES IVOIRIENS VEULENT MANGER DE LA BANANE PLANTAIN

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La banane plantain représente la troisième culture vivrière de la Côte d’Ivoire après l’igname et le manioc, avec une production annuelle estimée à 1,7 million de tonnes. Si ce chiffre démontre bien que les Ivoiriens sont de grands consommateurs de banane plantain, il ne dit cependant pas comment ils la mangent au quotidien. D’où cette modeste contribution pour le site attoungblan.net.

Les Ivoiriens consomment la banane plantain d’abord sous forme de foutou ou de foufou. En effet, quand au centre du pays l’igname fait la pluie et le beau temps dans les mortiers des femmes baoulé, ailleurs, notamment au centre-ouest, à l’est et au sud-est, c’est la banane que l’on pile le plus, en y ajoutant généralement du manioc pour rendre la mixture assez tendre au toucher et au couper. Mais quand on veut mettre les dents à contribution, la banane plantain n’est pas pilée : on parle alors de banane bouillie ou akpéssi.

Vient ensuite notre alloko national, de la banane plantain mûre découpée en petits morceaux, contrairement à ce qui a cours par exemple au Cameroun, et frite à l’huile de table. L’alloko arbore à la cuisson une couleur rougeâtre et appétissante. Son goût sucré fait qu’on peut le consommer sans rien y ajouter de plus même si, en général, on le préfère légèrement assaisonné à la pâte de piment et d’autres légumes avec ou sans protéine (œuf, poisson, viande).

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Cependant, lorsque la banane est trop mûre au point que la couleur jaune de la peau vire au noir, on peut en faire d’autres recettes. Le recyclage dans ce domaine ne date pas d’hier. La plus connue de ces recettes de sauvetage est le claclo. La banane presque pourrie est broyée dans un mortier, on y ajoute de la farine et la pâte obtenue est frite en petites portions. À la cuisson, le claclo a la même couleur que son alloko de cousin. À moins de vouloir faire plutôt du dôkounou. Dans ce cas, la pâte de banane plantain, assaisonnée, est placée en portions un peu plus grandes dans des feuilles d’attiéké ou de bananier et cuites dans un premier temps à la vapeur. On peu plus tard le laisser tranquillement sécher au soleil ou sur du feu de bois.

Lorsque j’étais élève au collège puis au lycée à Sinfra, je voyais quelques fois mes tutrices malinké préparer le tchègbanabo. Cela veut dire littéralement en dioula « caca de célibataire », de quoi vous mettre de l’eau à la bouche. Mais cette recette avait le don de me couper l’appétit. C’est aussi de la banane plantain très mûre mais épluchée, découpée et cuite directement à l’eau puis réduite en bouillie dans la marmite à l’aide d’une spatule ou d’une louche. Si mes souvenirs sont bons, elles y ajoutaient de l’huile de palme pour obtenir un baca jaunâtre couleur diarrhée, d’où d’ailleurs le doux pseudonyme de tchègbanabo.

Pour finir, la banane plantain se consomme aussi en Côte d’Ivoire sous cette forme primitive à l’origine du Blissi : de la banane baisée au feu de charbon accompagnée de grains d’arachide. Vous trouverez des femmes qui en proposent à la vente jusqu’au pied des tours de la Cité administrative du Plateau. Si le goût de la modernité ne vous oriente pas plutôt vers les chips de banane. Ces chips se font avec de la banane non mûre découpée en lamelles ou de la banane mûre en lamelles ou en tout petits morceaux. Dans ce deuxième cas de figure, c’est presque de l’alloko en sachet.

Par Dr. DJANDUÉ Bi Drombé

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