PROVERBES DE CHEZ NOUS (8) : « BE TCHƐ̃TCHƐ̃ MÃ WΕTRΕWA WUMÃ BA. »

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« ON N’OBLIGE PAS LE CAFARD À PROCRÉER. »

Le cafard ou blatte ou wεtrεwa est, selon Microsoft Encarta 2009, un petit insecte ayant une forme ronde et aplatie qui sort la nuit. Chez les Baoulé, quand l’on découvre que le cafard a fait un petit de couleur blanche, c’est un signe annonçant le malheur. Pour éviter donc qu’il fasse de petit de cette couleur, il ne faut pas l’obliger à procréer. C’est cette idée qui a donné le proverbe baoulé : « Bé tchɛ̃tchɛ̃ mã wεtrεwa wumã ba » ou « On n’oblige pas le cafard à procréer ».

Ce proverbe baoulé conseille à tous ceux qui ont un pouvoir (les aînés, les chefs, les patrons, etc.) de ne pas obliger leur progéniture, leurs petits-frères, leurs collaborateurs, leurs employés ou leurs administrés à faire des activités hautement contraignantes. Il peut s’agir d’une situation d’abus de pouvoir. Il peut aussi être question d’absence totale d’urgence dans le fait de terminer l’activité. Si la hiérarchie s’adonne à ce comportement, le travail peut être mal fait. En voici un exemple :

« Une mère, dans un village de la Sous-préfecture de Lolobo, aime obliger son fils de dix ans à l’accompagner au champ. Un jour, le garçon refuse d’y aller. Elle l’oblige à la suivre en dépit des pleurs et des lamentations de ce dernier. Elle le tient fermement par le poignet gauche et le traîne jusqu’au champ. Une fois là-bas, elle le laisse et commence à travailler. Le garçon, lui, reste assis sous l’abri de fortune construit dans le champ pour se reposer et se restaurer.

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Après avoir travaillé pendant un bon moment, la mère appelle son enfant pour lui apporter à boire. Ses appels restent sans réponse. Elle décide de venir étancher sa soif sous l’abri. Elle y trouve l’enfant couché sur le côté. Elle l’appelle encore une fois. Le petit ne répond pas. Pour elle, il dort. Elle prend le bidon d’eau et boit jusqu’à satisfaction. Avant de retourner travailler, elle décide de bien positionner son garçon qui s’est mal allongé. Quand elle le touche, elle remarque quelque chose d’anormal. Elle le positionne sur le dos et pose la main sur son ventre. Elle remarque que l’enfant ne respire pas. Elle refait le même exercice sur le côté gauche de sa poitrine. Elle ne sent aucun battement du cœur. Elle crie plusieurs fois pour l’appeler et ne reçoit en retour que les échos de sa propre voix, modulés par la forêt. C’est là elle se rend compte que son fils est mort. Ses pleurs attirent des villageois dont le champ n’est pas loin. Ils arrivent et confirment la mort du petit. Ces derniers se chargent du transport du corps au village. »

Voyez-vous, cher lecteur, jusqu’où peut emmener le fait d’obliger abusivement quelqu’un à faire ce qu’il ne veut pas ! Cette mère de famille n’a pas voulu faire du mal à son enfant. Elle a voulu simplement, comme d’habitude, qu’il l’accompagne au champ et le malheur l’a frappée. C’est sûr qu’elle se dit que si c’était à recommencer, elle s’y serait prise autrement. Si vous êtes chef quelque part dans une entreprise ou dans un domaine d’activité de la fonction publique, n’oubliez jamais que « bé tchɛ̃tchɛ̃ mã wεtrεwa wumã ba » « On n’oblige pas le cafard à procréer », de peur de rencontrer un malheur.

Par DJLAGNY

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