PROVERBES DE CHEZ NOUS (11) : « WO WLOUN N’DÊH BÊ N’GAN MAN, Ê FA ÉBIH FITÉ GOUASSOH. »

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« TU N’ACCEPTES PAS QU’ON PARLE DEVANT TOI, TU SORTIRAS SUR LA PLACE PUBLIQUE AVEC DES EXCRÉMENTS SUR TOI. »

Ce proverbe agni explique les dangers qu’il y a à être réfractaire et têtu, c’est-à-dire les dangers de tout refus de soumission et d’obéissance (aux parents et aux anciens). Le proverbe dit, en termes clairs, ceci: «Si, à la maison, tu ne permets à personne de te faire des observations et des remontrances qui pourraient t’aider à t’améliorer, tu connaîtras un jour l’humiliation dehors». Dans le même ordre d’idées, un autre proverbe renchérit pour faire prendre conscience à l’enfant que les parents restent les parents: «Batrankan sih hlou oh, wo n’hlou-n’dra yi si n’doman» (L’enfant sait sauter, mais il ne saute pas par-dessus les testicules de son père).

L’enfant a beau disposer de savoirs, de savoir-faire, de moyens, il n’en déduit pas qu’il peut s’affranchir de toutes les semences de vie ou se dispenser de toute la sagesse que lui ont inculquée son père, ses pères, les anciens. La société met ainsi un point d’honneur à assumer l’éducation de ses membres, surtout la jeune génération, et veille à ce que ce qui est enseigné soit intégré, d’autant qu’elle en fait une exigence pour l’exercice de toute responsabilité importante.

À l’ère de la « démocratisation » des sources d’éducation (grâce aux médias et réseaux sociaux, ou à cause d’eux), les jeunes doivent comprendre que c’est d’abord et avant tout auprès des parents qu’on apprend la vie… et « les choses de la vie ». Ils sont invités à accepter le fait que les parents savent plus de la vie qu’eux. Tout au moins de ce que les années leur ont appris de cette vie!

Les jeunes peuvent trouver que les parents sont «vieux et vieux jeu», «dépassés», «ringards», mais ils n’imaginent pas ce que le nombre des années a appris aux vieux et aux anciens de la vie et du monde! C’est ce qu’illustre cette histoire du vieux corbeau et du jeune corbeau de John Ciardi (1975, « Fast and Slow », in Fast and Slow: Poems for Advanced Children and Beginning Parents, p.1):

«Le vieux corbeau commence à ralentir.
Ce n’est pas le cas du jeune corbeau.
Ce que le jeune corbeau ne sait pas
Le vieux corbeau le connaît bien.
Pour ce qui est des connaissances, le vieux corbeau
Dépasse toujours le jeune corbeau.
Qu’est-ce que le vieux corbeau lent ne sait pas?
Comment aller plus vite.
Le jeune corbeau vole au-dessus, en dessous,
Et autour du vieux corbeau lent.
Qu’est-ce que le jeune corbeau rapide ne sait pas?
Où aller».

À la vérité, ces parents qu’on trouve souvent «vieux jeu», dépassés et hors circuit ou hors gamme connaissent non seulement la route, mais aussi, ils savent où elle mène. Ils sont certes moins vigoureux (à cause des séquelles de la vie et du temps), mais ils ont appris à aller doucement et sûrement…

Par Dr. Benoit KOUAKOU

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