« PRENDRE VENTRE »

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« Tchié, les petites-là ont pris ventre ! » Ce type d’exclamation est fréquent à Abidjan et en Côte d’Ivoire où, de plus en plus, aux âmes bien nées le sexe n’attend point le nombre des années.

En nouchi, « prendre ventre » est synonyme de « tomber enceinte ». Après la colonisation française, comme une sorte de revanche sur l’histoire, nos langues autochtones ont colonisé le français. L’expression « prendre ventre » prend donc sa source dans le gouro et le malinké, entre autres.

Dans ces deux langues, comme dans bien d’autres sans doute, le même mot, prononcé de la même manière, traduit à la fois « le ventre » et « la grossesse » : « bon » en gouro et « konhnon » en malinké. D’où, respectivement, « É bon si » et « A ka konhnon ta » pour dire, littéralement, « Elle a pris ventre », « si » et « ta » signifiant « pris » dans l’une et l’autre langue.

Ainsi, quand on a déjà un ventre comme tout le monde, il faut obligatoirement être une femme pour en prendre un deuxième. Mais les hommes ont beaucoup à voir dans l’histoire, et pour cause.

Par Paul-Bathesty DJANDUÉ

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