POURQUOI MAINTENIR LA PRIVATISATION DU SECTEUR BTP DANS UN ÉTAT EN PLEINE RECONSTRUCTION ?

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Le désengagement de l’État ivoirien du secteur des travaux publics (TP) exigé au début des années 1990 par les experts des programmes d’ajustement structurel a été justifié par le caractère budgétivore des prestations de l’entreprise publique opérant dans ce domaine. Mais en constatant aujourd’hui le prix de revient des infrastructures publiques dans une Côte-d’Ivoire en reconstruction, on peut légitimement douter de la pertinence de maintenir une telle réforme. La question devrait être un des grands sujets de débat pour 2020 quand on voit défiler les coûts vertigineux des travaux structurants et de réfection de la voirie en cours.

De l’autoroute Abidjan-Yamoussoukro aux projets de la future côtière, en passant par les ponts d’Abidjan, la proportion de la dette publique engloutie par ces chantiers BTP donne le tournis. La dette ne serait-elle pas mieux rentabilisée si ces grands travaux étaient exécutés par une entreprise publique comme c’est le cas en Chine avec la China State Construction Engineering (CSCEC) ou même au Maroc ? Pourquoi acheter autant de fois qu’il y a d’ouvrages à réaliser la même expertise à des entreprises privées, là où avec le seul budget du quatrième pont, l’État ivoirien aurait pu équiper une entreprise de BTP nationale non seulement d’une machinerie haut de gamme mais aussi d’ingénieurs-seniors et managers de classe internationale ?

L’efficacité du BNETD représente une bonne preuve de la pertinence de cette option. Parce qu’à travers cette entreprise publique qui possède l’expertise de la planification et de la maîtrise technique, l’État de Côte-d’Ivoire détient déjà les deux premiers maillons sur trois, des prestations qui entrent en ligne de compte dans les travaux structurants. Le troisième maillon, qui est la maîtrise d’ouvrage est confié à des entreprises privées, qui facturent des coûts faramineux. Du coup, non seulement les dettes contractées pour réaliser ces travaux atteignent des niveaux effrayants, mais le pire c’est qu’elles servent à enrichir des intérêts privés, sans favoriser un transfert de compétence aux générations futures.

Par Dr. BANGALI N’goran

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