POURQUOI LES ENFANTS PLEURENT-ILS POUR RIEN ? (2ème Partie et Fin)

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Le jour du rendez-vous arriva. Les femmes empruntèrent le chemin les conduisant chez les deux amis. Au cours du trajet, la femme de Rien fut victime de moqueries de toutes sortes liées à la pauvreté extrême de son mari. Elle ne répondit aucunement à ces provocations. Les femmes d’Akèndèwa vantaient le mérite de leur mari. Elles imaginaient exagérément leur bonheur aux côtés de ce dernier : des pagnes, des perles et autres bijoux en or, etc. Arrivées au carrefour d’Akèndèwa, les dix femmes de ce dernier sommèrent celle de Rien d’aller seule chez son pauvre mari affamé.

Elle prit la route toute seule et après exactement trois cent quarante-neuf mètres, elle découvrit des gardes du corps sur le chemin. Elle tenta de s’enfuir, mais ils la rassurèrent en lui disant qu’ils étaient envoyés par leur maître Rien pour venir à sa rencontre. Elle n’y croyait pas ! Pour elle, c’était impensable. Les gardes la conduisirent jusqu’à l’immense case de son mari, un très riche homme. Rien l’accueillit avec tous les honneurs qu’elle méritait. Elle eut désormais des servantes à sa disposition. Elle fut bien habillée et installée à côté de son mari. Ce fut le moment choisi par Rien pour lui expliquer sa mésaventure pendant leur séjour (son ami et lui) dans son village. Elle comprit enfin qu’elle eut raison de le choisir, riche ou pas. Rien aimait profondément les enfants et il était leur ami aussi. Le couple était entouré par ces derniers en plus d’autres hommes et femmes.

Les dix femmes, de leur côté, se bousculèrent violemment sur le chemin allant chez Akèndèwa à tel point que sept d’entre elles manquèrent de se fouler la cheville. Chacune voulait arriver la première chez leur riche mari pour être dans les bonnes grâces de ce dernier. Elles surgirent sur Akèndèwa, assis dans le sable, seul devant sa case en mauvais état. Elles poussèrent ensemble un cri de désespoir doublé d’une grande surprise : haaaaaaannnnnnn ! Elles s’essuyèrent les yeux plusieurs fois, pensant qu’elles étaient victimes d’une anomalie. Non, ce n’était rien d’autre que la réalité. Leur mari était très pauvre. Fâchées, elles tombèrent sur lui, le ruèrent de coups avant de lui demander des explications.

Akèndèwa leur conta ce qu’il s’était passé quand son ami et lui étaient allés chez elles. Après ces lamentations liées à la grande colère, elles furent jalouses de leur camarade, la femme de Rien et de son mari. Elles fomentèrent un coup avec leur mari pour tuer le riche Rien. Ils décidèrent d’inviter le couple riche à participer à la fête qu’ils organisaient chez eux, dans la cour d’Akèndèwa. Ils creusèrent un grand trou dans lequel ils jetèrent des objets tranchants et pointus. Ils le recouvrirent de brindilles et de feuilles pour le dissimuler. Ils y posèrent la chaise de Rien, sa femme à côté mais hors du bord du trou.

Rien et sa femme ne firent aucune difficulté pour accepter l’invitation de leurs amis, Akèndèwa et ses dix femmes. Ils y allèrent avec des hommes, des femmes et tous les enfants. Une fois chez leurs hôtes, Rien fut installé, comme prévu, sur le trou recouvert de brindilles et de feuilles et sa femme à côté de lui. Quelques secondes après leur installation, un craquement fit sursauter tout le monde. Trop tard ! Rien venait de tomber dans le trou. Il fut tué sur le coup. Sa femme se mit à pleurer, à pleurer, à pleurer ! Tous les enfants devinrent inconsolables et aidèrent la veuve à pleurer son mari assassiné. Jusqu’aujourd’hui, les enfants continuent de pleurer pour Rien.

C’est depuis ce jour que les enfants pleurent pour Rien. Et nous le savons parfaitement car à la question de savoir la cause des pleurs d’un enfant, les adultes aiment répondre : « Il n’a rien, il pleure pour Rien ! » Eh oui, il pleure pour son ami Rien injustement assassiné.

Par Djlagny

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