POURQUOI LES DENTS DE L’ARAIGNÉE SONT-ELLES NOIRES ?

0 157

Obtenez des mises à jour en temps réel directement sur votre appareil, abonnez-vous dès maintenant à Attoungblan.net.

Le conteur : « N’est-ce pas un conte à moi ? »
L’auditoire: « Si»
Le conteur : « Écoutez-moi alors »
Il y a déjà très, très longtemps, pendant la saison sèche, lorsque les herbes de la grande savane, propriété du roi, savane qui s’étendait à perte de vue, avaient séché complètement, celui-ci (le roi) invitait tous les animaux (nous sommes dans le domaine du conte où tous les personnages sont des animaux possédant aussi leurs animaux), pour la grande partie annuelle de feu de brousse, à l’issue de laquelle une grande partie des animaux abattus lui serait remise en sa double qualité de roi et de propriétaire terrien.

Une année, lorsque le roi fit rassembler tous les animaux à cet effet, il leur lança ce défi : – « Je partagerai équitablement toute ma part de gibier avec celui d’entre vous qui acceptera de se placer au beau milieu de la savane et qui ne brûlera pas après le passage du grand feu qui sera allumé. »

De tous les animaux réunis, seule Akɛndɛwa l’araignée accepta de relever le défi. Avant de mettre le feu à la grande savane où aucune herbe verte n’était visible, il fallait sacrifier à certains rites.

L’araignée profita de ce temps pour signer la convention suivante avec l’aigle, son complice à qui elle dit ceci :
– « Je serai au beau milieu de la savane, loin du regard des autres, d’ailleurs préoccupés à guetter le gibier qui va sortir de la brousse, poussé par les flammes. Quant à toi, tu planeras pendant ce temps au-dessus des flammes. Lorsque le feu sera prêt à dévaster le périmètre sur lequel je me trouve, tu raseras le sol pour que je m’accroche à tes pattes et que tu me soulèves au-dessus des flammes pour me redescendre après leur passage. Personne ne nous verra, grâce aux grandes fumées épaisses qui s’élèveront dans le ciel.

Ainsi, je partagerai équitablement avec toi la part de gibier que le roi me donnera. »
– Convaincue qu’elle était de n’être pas touchée par le feu, l’araignée nettoya un petit espace au milieu de la savane où elle avait disposé un balafon afin de jouer de la musique au moment où le feu brûlerait, pour signaler sa présence et en même temps narguer tous les autres animaux qui n’avaient pas voulu prendre le risque.
Le feu fut allumé et l’on entendait la musique provenant du balafon de l’araignée. Après le passage du grand feu qui n’épargna aucune herbe et aucun arbuste, on retrouva Akɛdɛnwa saine et sauve, sans le moindre charbon de paille sur le corps.

Le roi tint parole en lui donnant une quantité impressionnante de viande. Mais Akɛndɛwa mangea toute la viande, sans donner le moindre morceau à l’aigle, prétextant qu’elle l’avait oubliée et en promettant de multiplier sa part par deux la prochaine fois.
L’aigle accepta cette deuxième promesse. Ainsi, l’expérience put recommencer avec le même scénario la saison suivante.

Égale à elle-même en matière de fausse promesse, l’araignée récidiva, évoquant toujours l’oubli et promettant plus fermement cette fois-ci de réparer tout le préjudice causé à l’aigle jusque-là.

Mais pour l’aigle, l’exagération était à son comble et il était temps de se venger. Pour la troisième fois, Akɛndɛwa alla le solliciter.
Ils partirent. La savane brûlait. L’araignée, comme toujours, confiante, jouait du balafon et chantait sans se soucier de quoi que ce soit.

L’aigle à son tour, comme toujours, tournait dans le ciel au-dessus de la tête de l’araignée. Le feu s’approchait, ravageant tout sur son passage. Akɛndɛwa fixait l’aigle qui volait cette fois-ci haut et toujours plus haut dans le ciel. L’inquiétude gagnait de plus en plus Akɛndɛwa qui se demandait ce qui lui arrivait.

L’aigle ne descendit pas. Le feu passa et Akɛndɛwa fut retrouvée brûlée jusqu’aux dents.
Jusqu’à ce jour, les séquelles sont encore visibles sur la peau et les dents noires de l’araignée, alors qu’elle était un beau garçon au teint clair et aux dents blanches.

Tel est mon message de ce soir.

Moralité :

Il faut toujours tenir parole et ne jamais trahir son prochain.

***   ***   ***

(Version Baoulé) EKLͻ NGUAM

NGUA KLIKLI : Nzu ti-ɛ man akɛndɛwa i jé lu-ͻ?

Ngua difu : Nan min ngua ku-ͻn ?
Ngua i akoto ni ngua tiefu𝜀m : Yi ͻ
ngua difu𝜀 : Am si sa ti-ɛ man akɛndɛwa ije lu?
Ngua difu𝜀 i akoto-nguatiefu𝜀m: Cɛcɛ !
Ngua difu𝜀: Yo-o, am sie am su !

Laa nnεn be klwaklwa be tran lika wlɛ yɛ be le be famiεn kun. Famiεn sͻ lε i kacε dan kun, kε wa- wa ko kpεn , ͻ yiayia nnεn ma be klwaa kε be di ngbɛ. Nnεn klwaklwa nga be nyan i, ͻ fa i dan lika.
wa-wa kun kpεnni nan famiεn wa yia be klwaa,
I wan:- sran nga kεbe wuͻ ngbε nun ͻ jran i afien lͻ nan sin wa yo man I likefi , nfa min nnen liɛ e nin yi é cɛ nun.
nja-akɛndɛwa ti gbanflɛn klanman kpa, i jé ti ufué kpa.
Yε i wan nanan :-mbͻbͻ min’ yo.
Kɛͻ yo li sͻ, ͻ ko wun kͻliε anuman- yin I wun, kεͻ ukε-i.
« kͻliε kε sin yra, ntran i afiεnlͻ. I sͻ ti kε bͻ a tu sin man min su nan kε sin ko wié nin wa jra min. Like klwaa nga famien man min, min nin wͻ e cε nun sε sε. »
kͻ liε wan ͻtili.
kε i cεn juli yε be wͻli-ͻ. be wͻ ngbε nun, kͻliε mannin nja- akɛndɛwa su kε be kannin sa.
Nnεn cεlε juli-ͻakɛndɛwa wa man man kͻliε wié. ͻ ko sé koliε kε ͻ yaci nan i wla fili i su man cεn uflε liε ͻ mεn i dan tra su.
uflε juli-ͻ nja akɛndɛwa di, wa buman kͻliε akundan ekun.
blɛ juli ekun-ͻ i wan kͻliɛ yaci.
Yε kͻliε wan ͻtili nan ndε fi nunmanlε. Kε be wͻ ngbε nun cε yε kͻliε tu wͻ nglo nglo mmua kpa ͻ man sin wa yrali akɛndɛwa yralε kpa. sin Yε ͻ yrali i jé tiε man ͻ luli tuun niͻn.
Sε a ta swran Kun nda yia i nuan.
yͻlε min ndͻsua nun ato.
-Ngua difu𝜀 i akoto ni ngua tiefu𝜀m : Ato mo-o !

Par Kohoury Charles

Commentaires
Loading...
%d blogueurs aiment cette page :