POURQUOI KÔTA (LA MAIN) SE DOIT D’ÊTRE AU SERVICE DE WÔ (LA BOUCHE)?

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Il était une fois, dans un village, vivaient deux très bons amis. L’un s’appelait Kôta et l’autre Wô. Il arriva un jour que Wô eut envie de chasser. Il alla trouver son ami Kôta et lui dit: «Kôta, mon ami, vois-tu, j’ai décidé ce matin ma famille et moi d’organiser une partie de chasse. Pourrais-tu me prêter s’il te plaît ta sagaie?» Sans hésiter, Kôta accepta: «Tu sais Wô, toi et moi sommes de très bons amis. Tout ce qui m’appartient à moi t’appartient à toi. Prends donc la sagaie et que Dieu te facilite la chasse.»

Wô et sa famille, comme convenu, commencèrent la chasse. Après plusieurs fouilles, une gazelle, prise au piège, se lança dans la course. Les chasseurs se lancèrent à sa poursuite. Dans la foulée, Wô prit son élan, visa sa proie et hop, tira sa sagaie. L’animal est certes atteint mais loin de s’avouer vaincu. Il prit la fuite avec la sagaie dans le ventre. Les chasseurs le coururent en vain. L’animal était plein d’astuces et de ruse.

Le soir venu, désespérément, Wô et sa famille revinrent au village bredouille. Comment annoncer maintenant sa mésaventure à son ami Kôta? Il prit son courage à deux mains et la lui annonça. Celui-ci accueillit la nouvelle avec amertume, courroux et colère. Il exigea que sa sagaie soit retrouvée coûte que coûte. Malgré les supplications de Wô, Kôta resta de marbre: «Il me faut ma sagaie car je l’ai héritée de mon défunt père.» Wô et sa famille passèrent plusieurs jours à chercher vainement la sagaie. Un jour, fortuitement, Wô était en promenade dans la forêt lorsqu’il aperçut l’animal presque en décomposition avec la sagaie dans le ventre: «Dieu soit loué!», fit-il. Tout Joyeux, il emporta la sagaie au village et la remit à Kôta. La tension baissa et la vie reprit son cours.

Kôta avait oublié que tant qu’on vit, tout peut nous arriver. Il perdit son beau-père. Il invita son ami Wô à l’accompagner. Celui-ci accepta sans mot dire. Kôta acheta tout le nécessaire pour les funérailles. Mais une chose lui manquait: la tenue traditionnelle. Il emprunta le pagne traditionnel de Wô. Après les rituels funéraires, Wô regagna le village dans l’espoir que Kôta le rejoigne peu après.

Un autre malheur frappa Kôta, au village de sa belle-famille. Il perdit dans un incendie le pagne traditionnel que lui avait prêté son ami Wô. Lorsqu’il lui apporta la nouvelle, celui-ci se mit en colère. Il demanda à Kôta de lui trouver son pagne tel qu’il était car, dit-il, il l’a hérité de son père défunt. Kôta saisit les sages du village pour demander pardon à Wô mais en vain. Wô ne voulut rien savoir. Face à ses nombreuses tentatives vouées à l’échec, Kôta confia à Wô: «Wô, mon ami, j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour compenser ton pagne perdu mais en vain. Tu ne veux un autre pagne que celui que tu m’as prêté. Je suis maintenant à bout de souffle. S’il y a une chose que je puisse faire en guise de compensation, dis-le moi et je le ferai.»

Souriant, Wô recommanda: «À partir d’aujourd’hui, tu deviendras pour moi un esclave. Tu m’apporteras tout ce que je te demanderai.» Depuis ce jour, Kôta se mit au service de Wô, la main (kôta) fait ce que dit la bouche (wô). Moralité: Il faut pratiquer la tolérance pour favoriser le vivre ensemble.

Par Ismaël GNONGBO, LES FABLES DU PÈRE GNONGBO (Inédit)

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