«ON NE PARLE PAS EN PLUMANT LE POULET»: LES NON-DITS D’UN VIEIL INTERDIT

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Nous sommes des générations d’adolescents à avoir été marquées, façonnées par des interdits et des superstitions alimentés par la croyance populaire et transmis des aînés aux cadets depuis des temps immémoriaux.

Parmi les interdits en particulier, il y avait celui-ci qui défendait de bavarder pendant qu’on était en train de plumer un poulet; au motif magico-fantastique que cela faisait repousser les petites plumes qui recouvrent le corps de la volaille.

C’est l’âge qui nous fait croire ces choses lorsque nous sommes petits; et c’est l’âge qui, à un moment donné, nous permet de les passer au crible de la raison pour en comprendre les motivations réelles.

En y pensant aujourd’hui et en en parlant avec plusieurs personnes, j’ai compris que ce ne sont pas les plumes du poulet qui repoussent mais plutôt les enfants qui, à force de bavarder, pourraient ne pas nettoyer la volaille avec le plus grand soin.

INTERDITS ET ÉDUCATION CHEZ LES BAOULÉ

En effet, plumer les poulets a toujours été l’affaire des enfants de la famille. C’est un âge où, attirées sans cesse par le jeu, les personnes sont généralement incapables de se tenir tranquilles et se concentrer pour s’acquitter des tâches qu’on leur confie en vue de leur socialisation.

L’interdiction de parler, de bavarder en plumant le poulet, surtout quand il y en a plusieurs, a donc pour non-dit de les conditionner, d’éloigner d’eux la distraction afin que toute leur attention soit investie dans l’activité et qu’aucune plume ne leur échappe.

On peut également y voir la volonté de faire en sorte que le plumage ne se prolonge pas indéfiniment dans le temps. En interdisant aux enfants de parler pendant qu’ils sont en train de plumer la volaille, on attend d’eux un travail non seulement bien fait, mais aussi vite fait.

Par Dr. DJANDUÉ Bi Drombé

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