NOUVELLE NAISSANCE EN VUE (4ème Partie et Fin)

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8. Qu’entend-on promouvoir aujourd’hui ? A- où, quand et comment les intelligentsias et leaders se rencontrent et, b- quels projets mettent-ils en œuvre (dont résultats) ?

On entend promouvoir  les idéaux de la renaissance africaine. Des colloques sont organisés sur le continent, selon ces intentions de promotion.

Du 28 au 30 novembre 2011, le ministère de la Culture et de la Francophonie de la Côte d’Ivoire avait organisé un colloque ayant pour thème « La renaissance africaine et les leçons de la crise ivoirienne. » Le président du comité scientifique de ce colloque était d’ailleurs un philosophe, Prof. Yacouba KONATÉ, intéressé par la problématique de la Renaissance africaine.

NOUVELLE NAISSANCE EN VUE (3ème Partie)

Le département de Philosophie et le Bureau des Doctorants en Histoire de l’UFR Sciences de l’Homme et de la Société de l’université Félix Houphouët-Boigny, en association avec Afrocentricity International division d’Abidjan et le Centre Kemetmaat d’Abidjan, avaient organisé en octobre 2013, sur le site de ladite université, un colloque international ayant pour thème : « Renaissance africaine et Afrocentricité »

« Les « héros » de la renaissance africaine sont aussi des collectivités. Ils ne sont pas que des individualités. »

Ce colloque fondamentalement interdisciplinaire a regroupé historiens, linguistes, mathématiciens, philosophes, sociologues, spécialistes de civilisations ou savants, chercheurs-libres, hommes de culture et de médias.

Les participants au colloque ont rappelé ces moments glorieux et méconnus de l’Afrique, moments dont l’oubli crée désespérance. Ils ont aussi rappelé ces moments douloureux de la traite des Noirs et de l’esclavage afin que pareils crimes contre l’humanité ne se répètent plus jamais. Enfin, ils ont parlé de l’effort presque surhumain que des frères et sœurs de la diaspora déploient pour perpétuer l’héritage ancestral de l’Afrique à travers la notion d’Afrocentricité.

L’objectif principal de ce colloque était de réfléchir aux méthodes et moyens de faire de la Renaissance africaine et de l’Afrocentricité le fondement d’une articulation nouvelle de nos cultures et de nos espérances.

Au terme de ces travaux de réflexion, le colloque a obtenu plusieurs résultats dont :

  • Une prise de conscience d’une politique éducative de formation centrée sur soi mais ouverte sur le monde pour l’épanouissement individuel et collectif ;
  • L’appropriation de la science, de la technique, de la technologie, des outils modernes de savoir. Tout cela est capital pour avoir un peuple éclairé par la connaissance et ayant confiance en ses capacités de création ;
  • Pour la Renaissance africaine, il est stratégiquement nécessaire de protéger les ressources minières, le patrimoine matériel et immatériel contre les prédateurs de tout acabit.

Ensuite, je peux mentionner, un colloque qui vient de se dérouler à Abidjan. Encore le département de Philosophie, de l’UFR Sciences de l’Homme et de la Société de l’université Félix Houphouët-Boigny, et l’ONG REINES de FEMMES, en association avec Afrocentricity International division d’Abidjan et le Centre Kemetmaat d’Abidjan, qui ont organisé en  mai 2017, sur le site de ladite université, un colloque international ayant pour thème : « Renaissance panafricaine et Sankofa ».

Il apparaît, à l’issue des travaux de réflexions que la Renaissance Panafricaine ne saurait se faire sans un travail préalable de déconstruction conceptuelle soutenu par une élaboration des théories endogènes. Les communications, la richesse des débats ont permis d’atteindre l’objectif principal du colloque qui était de rechercher dans notre savoir ancestral, les « armes miraculeuses » d’une Renaissance panafricaine juste et vraie, qui unisse Afrique et Diaspora africaine dans un même projet de civilisation panafricaine

Elles ont également permis d’atteindre des objectifs secondaires qui étaient, entre autres de :

  • Réfléchir aux modalités d’une coopération efficace des Africains du Continent-Mère avec ceux de la Diaspora, afin d’y puiser l’énergie indispensable à la reprise en main véritable de leur destin collectif ;
  • Remettre les institutions et pratiques sapientales ancestrales au cœur des préoccupations épistémologiques contemporaines de l’intelligentsia panafricaine ;
  • Ancrer les stratégies politico-économiques et culturelles de renaissance panafricaine dans les valeurs de civilisation ancestrales, telles que Lasotè, Sousou, Sankofa, Umoja, Ubuntu, Maa-ya.

9. Qui sont les héros “philosophiques“ de la renaissance africaine aujourd’hui et ses idéologues ? Quels sont leurs idées, apports à la science et faits d’arme valeureux mais finalement négligés ?

Aujourd’hui les échos de la pensée de C. A. DIOP et de la renaissance africaine se font entendre dans la philosophie de l’Afrocentricité de Molefi Kete ASANTE, Ama MAZAMA ; dans les travaux de Théophile OBENGA, Engelbert MVENG, de KÄ Mana, de Jean-Marc ELA, de Grégoire BIYOGO, de Felwine SARR, de Yoporeka SOMET, Yacouba KONATÉ, de KLAH POPO, de DOBAT-CHAULEAU, etc., dans le domaine de la francophonie. (J’ignore les travaux du domaine anglophone et même lusophone. Mais je sais que de nombreuses activités y sont menées.) Je me situe modestement dans cette filiation intellectuelle. Nos travaux donnent des contenus divers aux intuitions initiales des affirmations de Cheikh ANTA DIOP. D’ailleurs l’élection de Barack OBAMA n’est pas étrangère à cet écho. Souvenons-nous de son voyage en Égypte et au Ghana.

Les « héros » de la renaissance africaine sont aussi des collectivités. Ils ne sont pas que des individualités. Je puis citer par exemple les nombreux colloques, figures héroïques, qui sont organisés partout en Afrique sur la thématique de la renaissance africaine.

10. Enjeux et perspectives de l’unité africaine, préalable a la renaissance : que prévoir et a quoi serviraient-ils, ces préalables ?

Je voudrais simplement reprendre des idées du NEPAD à propos de la renaissance africaine. Dans le cadre du NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique), la réussite du Projet de Renaissance Africaine dépend de l’avènement d’une économie forte et compétitive (cf. NEPAD, octobre 2001, p. 13, L’appel aux peuples africains, point 50). Cheikh ANTA DIOP avait mentionné dans son article sur la renaissance africaine, l’adoption d’un rationalisme laïc qui nous permet d’envisager les choses en dehors des catégories religieuses.

11. Dans le concert des civilisations au sein de la mondialisation, ou (selon vous) serait l’Afrique d’aujourd’hui si elle n’avait été la victime de la colonisation ?

Avant la colonisation, il y a eu les moments de débandage généralisé des razzias négrières. Elles ont déstructuré nos sociétés. Cela a duré plusieurs siècles et a occasionné des millions de morts, les plus valides. La colonisation a été la continuité, in situ des politiques et pratiques des razzias. Où en serions-nous aujourd’hui ? Difficile de répondre à cette question. L’histoire n’est pas une science exacte. Sûrement nous n’en serions pas à la situation actuelle de pays sous-développés, occupés par des puissances militaires et financières étrangères. 

Merci Monsieur BOA, nous sommes arrivés à la fin de cet exercice, avez-vous un dernier mot ?

D’abord merci de m’associer à ce projet, nous devrions avoir plus d’intervieweurs comme vous pour instruire large. En suite et fin, je vous souhaite une excellente continuation. Continuez de faire vivre l’Afrique des idées.

Par NANA LIVE, 20 juillet 2017

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