NOS APHRODISIAQUES D’HIER ET D’AUJOURD’HUI (1ère Partie)

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En médecine, un aphrodisiaque est «une substance qui rend le tonus sexuel et excite les plaisirs de l’amour». Depuis la nuit des temps, les hommes se passent le mot, se partagent des recettes pour maintenir leur virilité et soutenir leur dignité. D’hier à aujourd’hui, entre secrets personnels et sagesse populaire, entre médecine traditionnelle et médecine moderne, les aphrodisiaques évoluent aussi entre mensonges et témoignages, mythe et réalité; leur efficacité dépendant parfois de la réaction de chaque organisme.

Aussi loin que remonte ma mémoire dans le temps, le cure-dent gouro est l’ancêtre le plus connu des aphrodisiaques en Côte d’Ivoire. Objet de recherches et d’une littérature assez fournie, cette tige végétale a donné aux Gouro une réputation qui leur colle à la peau dans l’opinion nationale, celle d’hommes et de femmes accrocs au sexe. Le plus traditionnel, et de loin le plus bio de nos aphrodisiaques, est en même temps le plus chargé de mythe et de mystère; ce qui donne l’impression que ses vertus tonifiantes ont une origine plus mystique que scientifique.

Contemporains du cure-dent gouro ou d’apparition postérieure, une gamme variée de produits se présentent sous forme de poudre rougeâtre, jaunâtre, noirâtre ou blanchâtre obtenues à base de feuilles, d’écorces ou de racines séchées et écrasées, etc. Sous cette forme sommairement élaborée, les poudres aphrodisiaques se prennent en mélangeant une petite quantité à de l’eau, du lait, de la liqueur, de la bouillie de mil ou à de la soupe. On peut également s’en mettre directement sur la langue un moment avant le début des «hostilités».

La plus célèbre de ces poudres «magiques» est le kankankan, un mélange de plantes, écorces, racines, piments et cola secs. Il a la particularité de servir d’assaisonnement à la viande braisée appelée choukouya, d’où sa grande popularité. Mais de l’expérience que j’en ai, les vertus aphrodisiaques du kankankan semblent relever plus du mythe que de la réalité. En tout cas, toutes les fois où j’en ai consommé, je l’ai senti plus au niveau du palais qu’au niveau du bas-ventre. Ou alors il y a kankankan et kankankan

Le petit cola fait aussi de plus en plus parler de lui. On le mâche en avalant le jus amer ou on le laisse macérer dans du koutoukou. Cette liqueur de fabrication artisanale est très sollicitée dans la confection des aphrodisiaques à base d’alcool. On y ajoute différentes espèces de fruits, de racines ou d’écorces; la mixture gagne en puissance au fur et à mesure que les jours passent et que les végétaux imprègnent l’alcool de leur jus plus ou moins amer. Des appellations telles que «04h du matin» ou «Chaud-lapin» en disent long sur les effets supposés de ces mixtures sur la libido masculine.

Les boissons de fabrication industrielle ne sont pas en reste dans cette ruée vers l’or. En dehors des boissons explicitement énergisantes, et qui produiraient quelques effets escomptés au bas-ventre, la marque de bière Guinness est souvent citée. C’est une bière noirâtre au goût de brûlé. Je suis toujours un peu surpris de voir les gens s’en délecter tranquillement dans les maquis. Sans doute, la promesse d’un plaisir imminent permet-elle de supporter l’amertume aphrodisiaque de cette bière.

À suivre…   

Par Dr. Paul-Bathesty DJANDUÉ

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