NÉGRITUDE ET POLITIQUE AFRICAINE: EXISTE-T-IL UNE ÉLITE POLITIQUE EN AFRIQUE? (1ère Partie)

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Qui sommes-nous vraiment après les trois grandes étapes (Esclavage-Colonisation- Néolibéralisme) ayant affecté l’Africain et comment considérons-nous notre continent et nos propres populations? Sommes-nous des victimes ou des acteurs pour nos États considérés comme des pays du tiers monde et, si tel est le cas, pourquoi l’Afrique, avec une population jeune et éduquée et des ressources naturelles immenses, est-elle encore à la traîne loin derrière les autres continents avec un taux de chômage à hauteur de 150 millions, alors qu’elle serait en plein chantier ou essor grâce à la présence des occidentaux et autres? Qu’est-ce qui n’a pas marché? Quelle valeur l’Africain accorde-t-il à sa propre personne, sa race, son pays, son continent?

Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, affirme: «Il faut vraiment développer l’entraide africaine. C’est ma vision.» Selon lui, en observant différents groupes sociaux, un fait va vous troubler. Les Chinois évoluent toujours en groupe très fermé et, si vous voyez un Africain parmi eux, c’est forcément celui qui occupe le plus bas niveau: chauffeur, agent de sécurité, agent d’entretien. Les Chinois mangent toujours dans les restaurants chinois. Quand ils doivent s’approvisionner, ils privilégient des boutiques chinoises. Quand ils veulent importer des produits en Afrique, ils ne le prennent ailleurs qu’en Chine. Les Libanais restent cloisonnés entre eux. Ils mangent libanais, achètent libanais, envoient leurs enfants dans des écoles libanaises.

Des Africains sortent-ils avec les jeunes filles libanaises? Mais une Africaine serait fière de se pavaner avec un Libanais. Quand les deux partent ensuite au Liban, vous entendez que la jeune africaine est maltraitée, introduite dans des réseaux de prostitution ou même tuée dans la grande indifférence des élites et ONG africaines. Pourquoi? L’esclavage et la colonisation sont à l’origine de tous nos malheurs; notre misère actuelle a créé une culture du complexe d’infériorité en nous, culture véhiculée à travers les manuels scolaires et éducatifs imposés aux Africains pour faire d’eux des personnes hybrides, noires de par la peau mais esclave de par la pensée et le comportement. Ces manuels scolaires sont très condescendants, de mauvaise qualité car ils font uniquement l’apologie de la civilisation occidentale, falsifie et efface l’histoire glorieuse des Africains et réduisent l’intellect des Noirs de sorte à rejeter leur propre négritude, leur culture, leurs croyances au profit d’une civilisation étrangère, esclavagiste, condescendante et raciste.

Nous sommes tous ou presque conditionnés, façonnés selon la civilisation occidentale et sa suprématie véhiculées à travers les échanges commerciaux, les coopérations militaires et financières. Nous avons perdu tous nos repères historiques. Nous sommes victimes de notre passé glorieux et notre hospitalité légendaire qui se sont transformés en enfer depuis la conférence de Berlin en 1884. La politique occidentale qui consiste à diviser pour mieux régner est la plus appliquée en Afrique, créant la destruction de tout élan de fraternité, de solidarité ou d’unité africaine. À cela, il faudra ajouter deux types d’africains: les nègres de plantations et les nègres de salon, appartenant de nos jours au bloc des fédéralistes ou indépendantistes (souvent des anglophones) d’une part, et au bloc des régionalistes ou collaborateurs ou préfets de l’ancienne métropole d’autre part.

Cela sera transposé dans nos institutions actuelles. La BCEAO et la BEAC sont des banques centrales africaines installées et contrôlées par la France qui siège dans le conseil d’administration. Elles utilisent toutes les deux le CFA. Cependant, le CFA provenant de la BCEAO n’a aucune valeur en Afrique centrale contrôlée par la BEAC. Pour finir, le CFA produit en France n’a aucune cotation en bourse et aucune valeur en France ou ailleurs. En clair, c’est une monnaie fantoche, l’équivalent de la monnaie du jeu Monopoly. Triste!

Nos investissements et épargnes se retrouvent dans les paradis fiscaux. Nos dirigeants politiques détournent les deniers publics afin de financer l’achat de gros domaines immobiliers en Europe, des voitures de luxe et payer un personnel occidental. Il n’existe pas réellement d’industries africaines car dépendants de l’extérieur. Il y a une implantation prédatrice et abusive des multinationales occidentales rémunérant le travail des employés africains en dessous de leurs collègues occidentaux, politique souvent encouragée par nos propres dirigeants. L’individualisme fait que nous ne souhaitons pas voir nos frères réussir de peur qu’ils nous dament le pion en termes de richesse ou de popularité. C’est cela la conséquence directe de la politique du diviser pour mieux régner.

Lesechos.fr du 9 mai 2020 rapporte: «En Ethiopie, 23 euros par mois pour confectionner des vêtements Calvin Klein.» Selon un rapport rendu public, les salariés des usines de vêtements en Ethiopie sont les moins bien payés du monde. Le pays ambitionne de devenir le principal centre manufacturier du continent africain. Guess, H&M, Calvin Klein… Ils travaillent pour les plus grandes marques et cela à des sommes dérisoires. […] Selon cette étude intitulée «Fabriqué en Éthiopie: les défis de la nouvelle frontière de l’industrie du vêtement», les salariés au Bangladesh gagnent 95 dollars par mois, au Kenya 207 dollars et en Chine 326 dollars. L’Éthiopie, qui ambitionne de devenir le principal centre manufacturier du continent, a séduit les investissements en mettant en avant la disposition de ses salariés à travailler pour moins de la moitié du salaire des travailleurs du Bangladesh, souligne l’étude.

«Dans leur empressement à créer une marque « Made in Ethiopia », le gouvernement, les marques mondiales et les fabricants étrangers n’ont pas prévu que le salaire de base était tout simplement trop faible pour que les travailleurs puissent vivre», déclare le directeur adjoint du centre, Paul Barrett. L’Éthiopie n’a pas instauré de salaire minimum dans le secteur privé. Selon le rapport, les salariés de la confection, parmi lesquels figurent de nombreuses femmes, ont du mal à s’en sortir. Très peu formés, ils sont par ailleurs en conflit culturel avec les dirigeants des usines, originaires d’Asie.

Ce qui précède est appelé ESCLAVAGE MODERNE ayant pour conséquence l’exploitation abusive de la main d’œuvre africaine. En réalité, cette politique rapporte très peu à l’économie éthiopienne car les grands bénéficiaires sont ces Occidentaux vendant ces produits finis 1000 fois plus chers dans leurs boutiques avec des profils de 100%. Il y a une absence totale de politique de l’industrie, de politique du travail harmonieuse pour le salaire minimum. Les Occidentaux n’accepteront jamais que leurs citoyens travaillent de longues heures pour 23 euro par mois sans que cela ne provoque des plaintes et procès contre ces industriels. Cependant, ils peuvent le faire en toute impunité en Afrique et dans le tiers-monde avec la complicité et la corruption de nos dirigeants ou à cause de la pauvreté légendaire de nos États.

L’Afrique est encore victime d’esclavage moderne grâce au néolibéralisme et ce malgré l’abolition de l’esclavage et les indépendances africaines. À qui la faute? Aux Occidentaux? Aux hommes politiques africains? À l’élite politique africaine? Voilà une autre équation!

À suivre…

Par Nick de BESSOU/ Président du FDRC, Leader du Alpha & Omega Group, Leader du G.O.D. Team

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