NE PAS CONFONDRE AZADIRACHTINE ET CHLOROQUINE

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Si comme moi aujourd’hui vous avez bu une petite infusion de feuilles de neem, vous avez bien fait. À dose modérée, c’est excellent pour la santé, parfait en prévention contre le paludisme, mais totalement inefficace, jusqu’à preuve du contraire, pour le traitement du Covid-19.

La fameuse chloroquine dont on parle tant ces jours-ci est un substitut synthétique de la quinine, c’est-a-dire une molécule fabriquée en laboratoire. Elle est en ce moment testée dans le cadre de la lutte contre la pandémie à coronavirus, avec des risques et résultats qui semblent positifs.

La quinine est quant à elle un alcaloïde naturel antipyrétique, analgésique et surtout, antipaludique. Extraite du quinquina, un arbuste originaire d’Amérique du Sud, elle était utilisée pour la prévention du paludisme avant d’être supplantée par ses dérivés dont, entre autres, la chloroquine.

La chloroquine est donc fabriquée en laboratoire quand la quinine naturelle est issue d’un arbre appelé le quinquina. Cet arbuste d’Amérique latine, emblème du Pérou, n’a strictement rien à voir avec l’arbre de neem qui est originaire d’Inde, et que l’on retrouve partout en Afrique centrale et occidentale.

Le seul point commun entre l’arbre de neem et le quinquina, c’est que tous les deux produisent des alcaloïdes naturels qui permettent de lutter contre le paludisme. Pour le quinquina, il s’agit de la quinine, et pour le neem, c’est l’azadirachtine.

En conclusion, s’il est avéré que la chloroquine soigne la maladie due au Covid-19, on peut légitimement penser que la quinine, dont elle est un dérivé synthétique, la soigne aussi. Par contre, aucun test officiel n’a à ce jour été présenté, dans lequel l’azadirachtine du neem est utilisée dans le cadre des soins pour la maladie liée au Covid-19.

La confusion sur l’arbre de neem qui contiendrait de la quinine vient du fait que les infusions de feuilles de neem ont un goût amer, et que la nivaquine, autrefois largement utilisée dans le traitement préventif du paludisme, avait aussi un goût amer.

De plus, pendant longtemps, le neem a été surnommé «nivaquine» en Afrique à cause de ce goût amer. Hélas, deux produits amers ne signifient pas qu’ils contiennent tous les deux des alcaloïdes naturelles ou molécules synthétiques de même nature.

Attention donc au surdosage avec les infusions de feuilles de neem, à doses trop élevées, elles peuvent entraîner des troubles digestifs, voir cardiaques. Ne l’oublions pas, consommé sous forme d’infusion, nous avalons avant tout un médicament puissant. À boire donc avec modération.

Par Jean Christian KONAN

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