MONDES POSSIBLES : L’ÂME, L’OMBRE ET L’AU-DELÀ (2ème Partie et Fin)

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Cette même illustration du transfert de l’âme, chère à l’orphisme et au pythagorisme, est signalée par Héraclide à propos, justement, de Pythagore :

« [Il aurait ainsi été] Aethalide, fils du dieu Hermès, qui avait accordé à son fils le don de se souvenir de ses vies antérieures ; puis d’Euphorbe le Troyen, que Ménélas devait blesser à Troie, le premier homme à tracer des figures géométriques ; son âme aurait émigré dans le corps d’Hermotime le devin qui, pour prouver son ascendance, montra aux prêtres de Didyme le bouclier consacré par Ménélas à son retour de Troie ; il fut enfin le pécheur Pyrrhos avant de renaître sous la forme de Pythagore, qui se souvenait de ses vies passées. Les pythagoriciens Androcyde, Euboulidès et d’autres biographes de Pythagore (…) affirmaient que ses métempsychoses avaient duré deux cent seize ans et qu’après le même nombre d’années il était de nouveau venu au monde » (Cité par DITL : transmutation de l’âme).

MONDES POSSIBLES : L’ÂME, L’OMBRE ET L’AU-DELÀ (1ère Partie)

Deux notions permettent d’établir l’existence de mondes possibles chez les Gouro.  Il s’agit de Léli [lelì] et de Fouo [Fuo]. Ces deux termes désignent l’âme et l’ombre. La notion de léli [lelì] désigne à la fois l’ombre et l’âme quand celle de Fouo [Fuo] désigne exclusivement l’ombre.

Léli  [lelì] s’applique exclusivement aux mammifères mais en prime à l’homme. Comme nous l’indiquions, cette notion désigne à la fois l’âme et l’ombre. Cette polysémie, loin de créer un quiproquo linguistique, ouvre la pensée sur l’existence de mondes possibles d’autant plus que  dans la philosophie et la tradition gouro léli [lelì] rejoint Glouta [glutα] quand survient la Mort. Cela voudrait dire que l’âme rejoint l’au-delà.

Tout comme Glouta [glutα] renvoie à l’outre-tombe, l’au-delà dans sa forme elliptique n’éclaire pas davantage le lecteur, mais dans une forme périphrastique désigne un monde possible existant « au-delà » du nôtre. On pourrait par exemple lire « Au-delà de la vie », « Au-delà de la tombe », « Au-delà de la mort ». Tant de périphrases qui projettent une possible post-cognition relative à la cognition référencée dans le vivant.

Fouo [Fuo] est l’ombre que projettent les êtres inanimés sous l’effet des rayons solaires. La précision est de taille parce que [Fuo] suppose une idée de repos étant entendu que le soleil au-delà du fait qu’il éclaire, il brûle. C’est donc l’insolation qui donne tout son sens à [Fuo].

La distinction entre [Fuo] et [lelì] n’est pas que sémantique, elle est aussi et surtout philosophique. C’est d’ailleurs cette distinction qui précise le sens de chacun des termes. Ce fait de langue ouvre la lecture de la coupure [léli]/[fuo] à la transmutation des corps dans le possible de leurs existences.

Par DIANDUÉ Parfait, Professeur des Université

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