MONDES POSSIBLES : L’ÂME, L’OMBRE ET L’AU-DELÀ (1ère Partie)

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Dans une dialectique opératoire du complexe Leli/Fuo, l’âme chez les Gouro de Côte-d’Ivoire est au cœur de la théorie des mondes possibles. La métempsychose et les autres théories qui réfléchissent sur la transmutation de l’âme ont donné sens et pertinence à la multiplicité des mondes et à la cohabitation des mondes parallèles. Issue du sacré donc relevant du religieux, la métempsychose se définit comme  les théories de croyance du passage de l’âme d’un corps à un autre après la mort. Elle s’interroge donc sur l’activité et le devenir post mortem de l’âme.

Très proche de la réincarnation, la métempsychose soutient que l’âme peut intégrer tous les règnes (animaux, végétaux, etc…). De l’avis d’Hérodote, « Les Égyptiens sont les premiers qui aient parlé de cette doctrine, selon laquelle l’âme de l’homme est immortelle et, après la destruction du corps, entre toujours dans un autre être naissant. Lorsqu’elle a parcouru, disent-ils, tous les animaux de la terre et de la mer et tous les oiseaux, elle rentre dans un corps humain ; le circuit s’accomplit en trois mille années » (Cité par DITL : transmutation de l’âme).

Sans définir une temporalité de la réincarnation, les Gouro stratifient les mondes d’existence de l’Être en deux couches dont les cycles de reconvertibilité s’accomplissent à la mort du corps. L’âme se détachant pour continuer à vivre soit isolement soit en intégrant un autre corps. L’âme humaine quant à elle rejoint d’abord l’autre monde, l’au-delà de la tombe, /gluta/. Le corps sacrifie donc à sa caractéristique de tombeau de l’âme que lui attribue la métempsychose. Une fois libérée, l’âme entame une pérégrination qui la mène dans le hasard cosmique de sa transmutation. C’est d’ailleurs ce que note Birago Diop dans son poème « souffles » quand il écrit dans les deux premières strophes que :

« Écoute plus souvent

Les Choses que les Êtres

La Voix du Feu s’entend,

Entends la Voix de l’Eau.

Écoute dans le Vent

Le Buisson en sanglots:

C’est le Souffle des Ancêtres.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis:

Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire

Et dans l’Ombre qui s’épaissit.

Les Morts ne sont pas sous la Terre:

Ils sont dans l’Arbre qui frémit,

Ils sont dans le Bois qui gémit,

Ils sont dans l’Eau qui coule,

Ils sont dans l’Eau qui dort,

Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :

Les Morts ne sont pas morts. » (Birago Diop : 1947)

Suite: MONDES POSSIBLES : L’ÂME, L’OMBRE ET L’AU-DELÀ (2ème Partie et Fin)

Par DIANDUÉ Parfait, Professeur des Université

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