MINISTÈRE DE LA VILLE, VOUS DITES?

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Depuis le 10 juillet 2018, la Côte d’Ivoire a à nouveau un ministère de la ville, confié à François Amichia qui laisse à un autre le portefeuille des sports et loisirs. Parce que le ministère de la ville a déjà existé sous le président Laurent Gbagbo, aux mains de M. Mel Théodore. De là est né Melkro, après l’inondation de l’échangeur de l’Indénié suite aux travaux effectués par le ministre, relayés en pompe par les médias, mais engloutis par les premières pluies du mois de juin.

Le problème se trouve ailleurs. À quoi sert un ministre de la ville dans le processus de développement d’un pays qui a décidé d’axer sa vision sur la décentralisation, si ce n’est générer des conflits de compétence entre les mairies et les districts dans la gestion quotidienne de nos villes? On nous fait payer une lourde taxe sur les ordures ménagères malgré l’existence de toutes ces structures pour nous enfoncer encore plus, alors que nous payons nous-mêmes les services de volontaires pour ramasser nos ordures.

INDENIE

Les problèmes de nos villes demeurent les mêmes depuis longtemps: manque de gares pour les véhicules de transport, désordre urbanistique, constructions anarchiques, fils de courant qui pendent dans certains quartiers sur la tête des gens, mauvaise conduite, installations anarchiques des commerçants, agressions de toutes natures, etc.

Je crois que l’objectif véritable en recréant ce ministère est de briser les ambitions de François Amichia qui veut reprendre la mairie de Treichville gérée par le RDR en la personne de l’épouse d’Adama Toungara, Ami Toungara : les calculs politiques de bas étage constituent le péché mignon de tous nos gouvernements après le père fondateur et la base de tous nos problèmes.

Cela fait bien longtemps qu’on ne gouverne plus ce pays pour le développer mais pour faire des arrangements entre amis ou pour se régler les comptes entre adversaires. Et c’est d’une tristesse!

Le ministère de la ville est inutile pour ce pays. Grandissez un peu, politiciens de Côte d’Ivoire, et copiez le modèle rwandais : changer les mentalités à commencer par le haut. Qu’est-ce qu’un ministre de la ville peut changer dans le désordre d’Adjamé quand on sait que ce phénomène que le ministre Mel Théodore voulait régler a créé un conflit en son temps entre lui et le maire d’Adjamé? Quel impact peut avoir un tel ministère sur une ville comme Bocanda, Tengréla, Zoukougbeu ou Man?

Ministre de la ville? Quelle ville? Il aurait fallu dire ministre de la ville d’Abidjan. Un régime en agonie suivra la même voie que celle de son prédécesseur: le tâtonnement. Les séquelles du front républicain refont surface. Espérons que la saignée s’arrête ici et que les vieux souvenirs de ce monstre ne se réinitialisent pas. Sinon les déguerpis de Port-Bouët (Abidjan) qui séjournent actuellement au cimetière faute de toit, auront pris une bonne longueur d’avance sur nous tous.

Par YAPI Michel

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