MIEUX VAUT PREVENIR QUE GUERRIR

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En 1963, dans son ouvrage Le lendemain n’est pas sans amour : contes et récits, Andrée Maillet affirmait « Mieux vaut prévenir que périr.» Cette citation met en exergue l’importance de la prévention des maladies. La santé a été toujours pour l’homme une préoccupation majeure. La peur d’être malade, et surtout de mourir, hante tous les esprits et amène tous les hommes à mettre des mécanismes en place afin de rester en bonne santé. Et bien souvent, des méthodes de prévention simples existent mais elles demeurent méconnues du grand publique.

Dans sa gratitude et sa bonté infinies, Dieu a mis à notre disposition, la nature, les plantes, tout ce qu’il faut pour notre santé physique.

Cependant, beaucoup de facteurs agissent sur notre santé, de façon consciente ou non : la nourriture que nous consommons au quotidien, l’environnement etc. Malheureusement, cette santé, chère à l’homme, est prise en otage par un lobbying: l’industrie pharmaceutique qui déploie de gros moyens afin de détourner l’attention de tous vers un mieux-être vital.

Que faire ? Comment se prémunir? Quelles méthodes simples pouvons-nous utiliser ?

Pourquoi préfère-t-on prévenir la maladie ?

Mieux vaut prévenir que guérir, dit le dicton. Mais dans nos pays, les politiques de prévention sont à la traîne. Les hôpitaux sont de véritables mouroirs et les couloirs de la mort se multiplient au fil du temps. Un séjour d’une semaine au Chu de Cocody nous a permis de voir ce que représente réellement le risque de tomber malade, et surtout, pourquoi un auteur a dit que la mort préfère les pauvres.

En effet, nos dirigeants sont prêts à prendre un vol pour aller se soigner un mal de tête en Occident, avec l’argent du contribuable sans être inquiété, alors que la population dans son ensemble croupit sous le poids des incompétences qu’ils déversent chaque année dans notre système sanitaire.

La prévention n’est pas mise en avant par suffisamment de recherche scientifique, contrairement aux traitements médicaux ; de plus, la science de la prévention est peu développée. En outre, la pauvreté peut aussi expliquer les raisons pour lesquelles, la prévention ne préoccupe pas un grand nombre de personnes, car prévenir a un coût qui n’est pas à la portée de tous. Il est facile d’observer que l’un des facteurs sociaux importants conditionnant l’état de santé est la pauvreté. La réalité dans nos pays est que les populations défavorisées sont beaucoup plus touchées par les maladies. Or ils ont moins accès aux services de santé, se débrouillent moins bien à cause de leurs difficultés à utiliser et à gérer l’information qu’elles reçoivent. Et même quand elles ont l’information, de quels moyens disposent-elles pour passer à l’action ? D’où l’idée que « La mort préfère les pauvres » (Assemien, 2013). Pourquoi voir un docteur si on n’est pas malade ?

Etre malade, ça rapporte : un système de rémunération basé sur le soin et non la prévention

Le système actuel est pensé pour rémunérer sur la maladie. C’est en cela que les laboratoires pharmaceutiques sont pointés du doigt pour leur manque de déontologie. Aujourd’hui, les scandales liés aux médicaments se multiplient ; le prix des médicaments est parfois exorbitant. C’est ce qui pousse de plus en plus de gens à se tourner vers l’automédication. La maladie est un business rapporte gros. Les médecins et autres professionnels de santé, les assurances, les mutuelles, etc. ont tous leur modèle de rémunération basé sur la maladie. Ces acteurs de la santé tirent leur revenu du système de soin et non de celui de la prévention. Pour l’instant, si nous ne sommes pas malades, tout le système s’écroule. Les récentes frustrations des fonctionnaires de Côte d’Ivoire quant à leur mutuelle, la Mutuelle Générale des Fonctionnaires de Côte d’Ivoire (MUGEFCI) est l’une des conséquences de ce système bancale qui oblige les fonctionnaires Ivoiriens à cotiser sans avoir le privilège de bénéficier de leurs cotisations qui s’élèvent pourtant à des milliards de nos francs.

La voix corporative

La « voix corporative » est cette voie qui émane d’une corporation. Une corporation, dont le mot vient du latin corporari (« se former en corps »), ou plus exactement un corps, est une personne morale, en général de droit public, instituée par une loi. Ses composantes sont toutes des personnes physiques et/ou morales qui possèdent une même caractéristique (en général l’exercice d’une fonction). Ici, il s’agit du monde de la médecine, qui privilégie les soins, et qui émane des hôpitaux, de l’industrie pharmaceutique et médicale, des assurances et mutuelles, des médecins et autres professionnels de santé. Tous sont acteurs du système de soins, dont ils tirent la majorité de leurs revenus, au contraire de la prévention.

En Côte d’Ivoire, les médecins, qui sont principalement formés pour soigner, se sont arrogés le monopole du discours sur la santé, marginalisant les thérapies qui intègrent la prévention.

Même les organismes de santé publique sont plus impliqués dans la gestion et le suivi des soins sanitaires que dans la promotion de la prévention.

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La médecine préventive

La médecine préventive porte sur tout ce qui permet de prévenir les maladies, les blessures et les problèmes psychosociaux, par l’interaction d’un professionnel de la santé et d’un patient. Elle porte aussi sur la santé globale des populations. Elle examine les facteurs déterminants de la santé, facteurs déterminants qui sont génétiques, environnementaux ou sociaux. Il y a aussi les facteurs déterminants liés aux habitudes de vie qui touchent aux risques auxquels les populations s’exposent délibérément, tels que comportements, alimentation et consommation, carence en activité physique, sexualité non protégée.

L’amélioration de la santé par la sensibilisation

Puisque la plupart des maladies sont évitables, il devrait être relativement facile d’améliorer notre santé par une politique de sensibilisation des populations quant aux conséquences de leurs choix de vie, de les inciter à avoir de meilleures habitudes de vie. On peut aussi faire du dépistage individuel de facteurs de risque et attirer l’attention sur ce que nous faisons de bien et de moins bien dans notre quotidien.

Conclusion

Prévenir est largement meilleur que chercher à guérir une maladie, car, comme le dit si bien Henri-Frédéric Amiel,  » Réparer est vingt fois plus difficile que prévenir ». Beaucoup d’efforts doivent être faits par les services publics pour cerner les problèmes de santé auprès de ces populations. Nos dirigeants doivent impérativement agir à travers des méthodes de sensibilisation pour aider les populations défavorisées. Combattre la pauvreté passe par l’éducation, l’alphabétisation et la sensibilisation. Hélas, nous vivons dans une société où les priorités ne sont pas toujours en faveur de la santé des plus démunis. Les discours officiels que le ministère ivoirien de la santé nous produit ne rassure toujours plus la population. Percevoir la déception des Ivoiriens, il faut faire un tour dans nos CHU. Là-bas, les morts défilent chaque jour. Et comme le dit si bien Emile de Girardin, « une volonté dont la force ne sert à rien prévenir, à rien contenir, est une volonté sans force. »

Bibliographie

Andrée Maillet (1963) : Le lendemain n’est pas sans amour : contes et récits, Librairie Beauchemin, Californie, 209 p.

Assemien Viviane (2013), Le néolibéralisme et la situation sociopolitique en Bolivie de 1980 à aujourd’hui, quelles perspectives ? », Thèse de Doctorat unique, Abidjan, 455P

Emile de Girardin, (1867) : Pensées et maximes, Michel Lévy frères, Paris, 744 p.

Henri-Frédéric Amiel, (2001) : Fragments d’un journal intime, Adamant Media Corporatio, Paris, 316 p.

 

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