LUTTES SYNDICALES EN CÔTE D’IVOIRE: REPENSER L’UNITÉ (4ème Partie et Fin)

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PRISE DE CONSCIENCE, PRISE DE RESPONSABILITÉS

Un syndicat, dans le cadre de son volet purement social, peut aspirer à assurer à ses membres un appui, voire une couverture sanitaire. Les mutuelles à vocation santé sont aujourd’hui le canal tout trouvé pour cette cause. Cependant, ce qui semble dépasser l’entendement, c’est le pôle d’attraction qu’ont fini par constituer pour les syndicats ces instruments de solidarité. Les bases, elles, notent avec effarement que cette course effrénée pour la gestion des mutuelles –et aussi des centrales subventionnées- cache bien des rapports aussi insoupçonnés qu’étranges entre leurs dirigeants respectifs. En effet, ces derniers qui, ordinairement peuvent se livrer des guerres sans merci pour justement ce motif ou bien d’autres, sont en même temps capables de dépassement et de compromis suprêmes pour sauvegarder des intérêts plus personnels que collectifs. Pourquoi cela piétine-t-il lorsque c’est attendu par tous ?

Récemment, j’ai appris qu’il a été porté sur les fonts baptismaux La Coordination des Syndicats du Secteur Éducation/Formation pour la Protection Sociale. Elle a pour but, « d’une part, d’accompagner et de consolider la présidence de BOKO Michael et, d’autre part, défendre les intérêts des personnels du secteur Éducation/Formation dans les mutuelles nationales.’’

Faut-il donner tort à ceux qui disent déjà que ça sent la RESTAURATION à plein nez ? Rien n’est moins sûr…

Par ailleurs, on ne peut passer sous silence deux faits qui avaient suscité bien d’espoirs d’union mais à la fin hélas… Il s’agit de l’élan de solidarité témoigné à la Cosefci en 2019 par la PFN à travers des prises de position publiques pendant la détention de la camarade SAGNE lors des grèves. Quelques semaines plus tard, c’était le ‘‘renvoi d’ascenseur’’ de la Cosefci à la PFN lors de l’arrestation du Pr JOHNSON. Pour la cause, la Cosefci avait dû demander et obtenu la suspension des négociations alors en cours pour aller au tribunal apporter son soutien au camarade. Ce sont des choses qui marquent en principe.

LUTTES SYNDICALES EN CÔTE D’IVOIRE: REPENSER L’UNITÉ (3ème Partie)

Face à tant de tergiversations et d’incertitudes sur le code comportemental du sommet, nous réaffirmons qu’il revient à la base –si tant est qu’elle trouve l’UNITÉ salutaire- de PRENDRE SES RESPONSABILITÉS en s’unissant déjà à l’échelle inférieure. Soit en prenant l’initiative de convoquer RÉGLEMENTAIREMENT une AG et contraindre le BEN à une unité d’actions avec les autres, soit en décidant d’apporter un soutien franc et sans ambages à toutes action crédible et sincère au regard de l’histoire récente de l’engagement des acteurs connus. Ceci pouvant aller à un retrait définitif de reconnaissance aux leaders réfractaires. En de telles circonstances, la ténacité de la base est souvent un soulagement pour le dirigeant et l’aide à retrouver le bon chemin s’il connaissait un moment d’égarement. Le 19 janvier 2017, n’eût été le sursaut d’orgueil de la base, le SDA, la modification de la réforme du régime de pension, etc. seraient renvoyés aux calendes grecques.

Un autre cas de sursaut historique restera l’avènement de la Cogerci dans la lutte pour le Décrochage. De fait, face à la gestion de la question de manière dilettante par les syndicats traditionnels, l’écrasante majorité des Raccrochés a dû prendre ses responsabilités à travers cette Coordination Générale des Enseignants Raccrochés qui balayait du Préscolaire au Supérieur. Certains ont voulu associer et expliquer cette victoire par la faveur d’une conjoncture politique. Cela ne saurait résister à la force d’une analyse cohérente. La situation ayant connu quatre régimes (HOUPHOUËT, BÉDIÉ, GUEÏ, GBAGBO), il n’y avait qu’un éveil collectif pour enrayer cette iniquité.

Pour réussir une telle entreprise aujourd’hui, il tient à la base –ou plutôt à une partie de la base- de se débarrasser de ses tares principales. Ce sont :

– Le faible taux de syndicalisation en son sein. Car ne pas être syndiqué, c’est peut-être vouloir être libre et ne pas se sentir redevable mais c’est en même temps mal se disposer à demander des comptes. Ce qui en revanche met le leader syndical dans une posture idéale de non reddition de comptes. Et plus tard, lorsqu’il sera gagné par la lassitude, il arrêtera de cracher sur toutes les propositions mirobolantes qui lui sont faites.

– Le manque du sens de sacrifice. Intégrer qu’une action syndicale engagée, MÊME D’ENSEMBLE, peut avoir des contrecoups notamment financiers. Mais sa poursuite déterminée, franche et appliquée aboutit toujours à des négociations qui peuvent presque toujours amener à réparer le passif subi. C’est l’un des avantages de notre secteur. Le tout étant de savoir gérer le rapport des forces avec l’Administration. À nous d’en prendre conscience.

– L’amalgame destructeur entre politique et lutte syndicale. On n’engage pas (ou on ne soutient pas) un mouvement syndical pour servir une cause politique. On ne s’oppose pas non plus à un mouvement syndical pour protéger ou défendre une préférence politique. Surtout à son propre détriment.

L’union nucléaire (à la base) sera un gage de non dérapage du sommet et sera aussi une équipe de veille contre toute tentative de braquage de l’intérêt des enseignants.

De manière concrète, on peut proposer cinq représentants par DREN plus autant par Universités, instituts et centres de recherches (ensemble) par regroupements de syndicats tels que cités plus haut (cf. 3e Partie). Ce groupe de personnes pourrait, en rempart, constituer une AG à même de suivre les actions lancées, prendre des décisions en relayant fidèlement les aspirations du terrain, mais surtout garantir le non dévoiement de la lutte.

Cela pourrait ainsi éviter que des syndicats dont le dernier congrès ou la dernière AG (tenue d’ailleurs entre trois individus autour d’une table de buvette) remontant au déluge, preuve qu’ils n’ont de comptes à rendre qu’à eux-mêmes, ne fassent des sorties farfelues au nom des enseignants et liquider leurs intérêts et leurs rêves.

ENFIN…

Au total, l’UNITÉ SYNDICALE dans l’absolu, restera un objectif asymptotique, c’est-à-dire vers lequel l’on tendra toujours sans jamais pouvoir l’obtenir à cent pour cent. Pour l’approcher de plus près, le concours ENGAGÉ de la base s’impose. Car, vu les intérêts qui germent et se récoltent sur son compte de la part de certains leaders syndicaux, cette base SOUVERAINE ne peut rester indéfiniment passive. Elle doit, mutatis mutandis, changer l’orientation des choses parce que, à un certain niveau, un leader ne peut plus être perdant. Il aura toujours de quoi vendre, s’il le souhaite, ou de quoi se faire proposer. Dans tous ces cas de figure, c’est l’enseignant de la base qui sortira perdant. À lui de le comprendre et faire sa part vers l’UNITÉ. Sinon tous comprenons que c’est ensemble qu’on entrera héroïquement dans l’Histoire ou bien qu’on sombrera tragiquement par nos histoires. C Q F D.

Par Mamadou TRAORÉ

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