«LOKO FON»: TOUT LE GOÛT DU FOUTOU BANANE EN CÔTE D’IVOIRE

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C’est «alloko» que les Gouro appellent «loko», eux à qui la langue kwéni interdit de commencer un mot par une voyelle, et qui, surtout quand ils n’ont pas beaucoup étudié, disent Kissi pour Akissi, Lène pour Hélène, Yissa pour Issa ou Wolivier pour Olivier. Donc «loko», comme «alloko», désigne la banane mûre, et «loko fon» le foutou qu’on en fait.

Contrairement au «blan ti fon», le foutou de banane non mûre qui «donne du pilon à retordre» aux femmes gouro dans les villages de la Marahoué, le «loko fon» est à la fois moins fatiguant à réaliser et plus sucré au goûter, soit deux plaisirs en un, depuis la réalisation jusqu’à la dégustation de ce foutou de couleur plus jaune, comme un soleil éclatant de saveurs.

Le «loko fon» est plus ou moins mou en fonction du degré de mûrissement de la banane utilisée. En pays gouro, on en mange avec une gamme variée de sauces gombo, notamment la sauce kopê (gombo frais) et la sauce djoumgblé (gombo sec), mais aussi la sauce kaklou. Le «kaklou» est la pulpe d’un fruit sauvage, encore plus gluant que le gombo. Ô plaisirs oubliés d’une enfance villageoise!

Aujourd’hui, un peu en conflit avec les sauces gluantes, j’ai plus tendance à préférer le «loko fon» à la sauce graine ou à la sauce arachide. Avec l’une ou l’autre de ces sauces, le «loko fon» devient un véritable bourratif, mais tellement bon qu’on est bien obligé de se laisser bourrer le ventre, quitte à se donner ensuite le temps et les moyens de digérer. Je suis donc obligé de vous souhaiter à la fois bon appétit et bon courage!

Par Dr. Paul-Bathesty DROMBÉ

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