L’HISTOIRE DES ÉTABLISSEMENTS ROBERT GONFREVILLE DE BOUAKÉ, LE FLEURON DE L’INDUSTRIE TEXTILE EN AFRIQUE NOIRE

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1. LA GENÈSE

C’est en 1921 que Robert Gonfreville, fonctionnaire coloniale français originaire de Normandie, en poste dans le Cercle de Kong à Dabakala puis à Bouaké, installe l’Usine Gonfreville en bordure d’un affluent de la Loka, à 5 Km au Nord-Ouest de Bouaké.

L’Usine Gonfreville qui est la première industrie textile en Côte d’Ivoire, démarre en cette année 1921 avec une locomotive chauffant au bois pour la production d’énergie, une égreneuse de coton, une carde, deux machines à filer en continu, un métier à retorde, un ourdissoir et son cantre et quatre métiers à tisser. Le matériel neuf ou d’occasion a été acheté en France et en Belgique. Le personnel comprend un ingénieur en textile, deux cadres sénégalais, un contremaître européen et 22 ouvriers recrutés dans les villages voisins de Konankankro et Allokokro.

2. LES PREMIÈRES MUTATIONS

En 1933, Robert Gonfreville décède et en ce moment-là, c’est l’existence même de son usine de filature et de tissage qui est menacée. Son épouse, Madame Gonfreville, contre toute attente, reprend l’affaire familiale en mains pour donner une nouvelle dynamique à l’entreprise jusqu’à la reprise économique en 1935.

Le 1er janvier 1943 est un tournant capital dans l’histoire de l’usine. L’entreprise familiale disparaît aux profits des Établissements Robert Gonfreville (ERG), Société Anonyme au capital de 4 millions de francs français. En 1950, les ERG emploient 650 ouvriers ivoiriens et 19 cadres et agents de maîtrise expatriés.

3. L’ÂGE D’OR OU LES ANNÉES FASTES DE 1973 À 1985

En 1976, l’actionnariat de la société comprend : Texunion 10 %, Privés Français 10 %, SFI 10 %, Privés Ivoiriens 21,8 %, OPTORG 10 % et la Caisse de Stabilisation de Côte d’Ivoire 30 %. C’est en 1985 que l’État Ivoirien entre au capital de la société avec 10,6 %.

Jusqu’en 1985, les ERG sont la plus grande industrie textile en Afrique Subsaharienne hors Afrique du Sud. La société fournit presque tous les marchés d’Afrique noire en pagnes, tissus, uniformes kaki pour les élèves, uniformes treillis pour les Armées et Polices des États.
Avec plus de 4.000 salariés en 1984, la capacité de production de 3.800 tonnes de textiles par an et 20.000 mètres de fils par jour.

4. LES PREMIÈRES DIFFICULTÉS ET LE DÉCLIN

Dans les années 1990, les premières difficultés de la société commencent lorsque le textile chinois impose sa suprématie sur le marché africain. Fragilisés, les ERG bénéficient d’un premier plan de relance, renforcé plus tard par l’arrivée de la société Global Cotton au début des années 2000.

Enfin, en 2002, la société est en quasi faillite et la crise politico-armée qui éclate en Côte d’Ivoire avec pour épicentre la ville de Bouaké, n’arrange pas les choses. Placée en redressement judiciaire en 2014, la société est ensuite mise en liquidation judiciaire.

Par COULIBALY Moumoune, Enseignant-Juriste

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