L’EXAMEN DU CEPE ET DE L’ENTRÉE EN SIXIÈME : ET SI ON EN PRENAIT SIMPLEMENT LE DEUIL ICI ET MAINTENANT?

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Il y a quelques années en arrière, l’obtention du CEPE avec 85 points et de l’admission à l’entrée en sixième avec plus de 85 points et selon les capacités d’accueil des établissements secondaires, suscitaient dans les familles des heureux candidats, la joie, et donnaient lieu à de véritables moments festifs.

Ce sésame qu’était le CEPE (Ndlr: Certificat d’Études Primaires Élémentaires) pouvait suffire pour donner une place au soleil dans la vie professionnelle et dans la vie tout court, tant les épreuves étaient corsées et seuls les titans pouvaient y réussir. Selon certaines indiscrétions et même des nostalgiques de cette époque, les certifiés d’après les années de l’indépendance jusqu’avant 1990 auraient le niveau d’un breveté actuel.

Quoiqu’il puisse exister aujourd’hui encore dans ce pays des fonctions où le diplôme de CEPE est requis, il va sans dire que la probabilité pour qu’un certifié de notre époque réussisse est quasi nulle; d’autant plus que les impétrants à ces concours sont des brevetés et même des bacheliers reconvertis.

Notre monde a évolué et nous sommes tenus d’évoluer avec. Sans toutefois vouloir enlever la joie à nos enfants qui se réjouissent à la proclamation des résultats lorsqu’ils sont admis à cet examen et aussi la joie de préserver dans les archives ce diplôme qu’on pourrait montrer à notre progéniture à l’avenir, comme quoi nous aussi avions fait les bancs; il serait de notre humble avis de faire l’économie de cet examen.

Aujourd’hui, la moyenne TGP (Ndlr: Totale Générale Pondérée) qui consacre l’admission définitive de l’enfant en Sixième est bien un cumul des notes de l’examen à 60%, et des contrôles continus au cours de l’année scolaire à 40%. Et, comme à ses habitudes, l’État se plaint des caisses qui sont vides et de la cherté de l’éducation, il serait judicieux de prendre le deuil de cet exercice.

On aurait tous voulu que cet examen constitue encore une sorte de tamis afin que les plus méritants puissent se voir ouvrir les portes de l’enseignement secondaire. Hélas, Dieu seul sait si la plupart des enfants qu’on bombarde en Sixième avec ces 85 points sont à même d’écrire correctement leurs noms, à plus forte raison les devoirs qu’on leur donne. Si tout le monde peut aller au collège simplement à partir des évaluations et autres exercices que les vaillants instituteurs se tuent à donner à nos enfants pendant l’année scolaire; pour une question de logique, de rationalité et de budget, nous pouvons dire au revoir à l’examen de l’entrée en Sixième.

Par Patrick AKAFFOU

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