LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT ALASSANE OUATTARA (2ème Partie et Fin)

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Ce désordre apparemment bien organisé me pousse à chercher la définition d’une bourse universitaire. Pour moi, une bourse universitaire est une aide financière reçue par un étudiant de la part de l’État pour contribuer à l’achat des documents qui lui sont utiles et à l’amélioration de ses conditions de vie pendant l’année universitaire. Dès lors, une bourse universitaire perçue pendant que les étudiants sont en vacances ne doit plus être considérée comme une bourse. C’est une «  prime de vacances ».

LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT ALASSANE OUATTARA (1ère Partie)

Mon cher Président, l’UAO se meurt par le manque criard d’amphithéâtres et de dortoirs universitaires. Les rares salles de travaux dirigés (TD) qui existent, n’existent que de nom. Nombreuses sont celles qui ne servent à rien car elles manquent de chaises, de lumières, de tableaux. Pour organiser les examens universitaires, de nombreuses UFR de l’UAO se déportent dans des établissements privés d’enseignement secondaire car sans cela, aucun examen ne pourrait se dérouler dans de bonnes conditions.

Une autre triste réalité est le manque de connexion internet. La connexion Wifi à l’UAO est exécrable. Elle n’existe que de nom. Et cela cause de nombreux désagréments aux étudiants. Elle ne leur permet point de faire des recherches pour améliorer leurs rendements. La rare connexion internet de bonne qualité qui existe est strictement réservée à l’administration.

Tout cela est désolant car, de nos jours, une université sans amphithéâtres en grand nombre, avec des salles de TD sans chaises et sans une connexion internet de bonne qualité à l’accès libre aux étudiants ne doit pas porter le nom d’université. Cela devient encore plus désolant lorsque cette « université » porte le nom du Président de la République en exercice.

Mon cher Président, les jeunes de Bouaké me chargent eux aussi de vous rappeler vos promesses à leur endroit. Pendant vos visites, vous avez promis de l’emploi aux jeunes. Vous avez dit avec une voix qui pouvait s’entendre à plus de 100 km du lieu de votre meeting que la priorité des priorités de vos politiques de développement de la ville était de trouver de l’emploi pour les jeunes, à travers des politiques permettant la création d’entreprises susceptibles d’embaucher les nombreux sans emplois et les nombreux chômeurs qui errent dans la ville. Vous avez promis de relancer expressément les activités des entreprises textiles de Gonfreville.

Mon cher Président, je vous signale que cela fait maintenant huit ans que vous êtes au pouvoir, mais hormis celle de l’entreprise de traitement de la noix de cajou nommée OLAM, les jeunes de Bouaké n’ont plus vu une seule cérémonie d’ouverture d’entreprises à forte capacité d’embauche dans la ville.

Mon cher Président, vous êtes conscient que Bouaké en particulier a beaucoup souffert de la crise politico-militaire. Vous êtes conscient du fait que de nombreuses entreprises ont été fermées dans la ville à cause de cette crise, augmentant le taux de pauvreté. Vous êtes conscient que toute fermeture d’entreprises met à la rue des pères et mères de famille et expose leurs enfants à la misère et à la faim. La jeunesse a déjà assez faim. Votre élection en 2010 avait fait naître en elle une lueur d’espoir, une espérance pour l’amélioration de ses conditions de vie. La jeunesse de Bouaké souffre du chômage et de son lot de désagréments. Mon  cher Président, sachez qu’aujourd’hui cette jeunesse est très déçue de vous.  Sa déception est très grande lorsqu’elle voit que la seule solution à son chômage c’est être chauffeur de moto-taxi.

Mon cher Président, je sais que votre fonction vous impose de multiples occupations. Je sais que cela ne vous permet pas de prendre à bras le corps toutes les préoccupations qui vous sont soumises. C’est pourquoi je me garde de vous énumérer tous les problèmes que connaît la ville de Bouaké. Sinon, j’aurais pu vous parler du manque criard d’eau dans la ville depuis le mois de janvier malgré les milliards donnés par la Banque mondiale pour y remédier. J’aurai pu vous parler aussi du manque de tables-bancs aussi bien dans les écoles primaires publiques que dans les lycées et collèges publics de la ville.

LETTRE OUVERTE À MADAME LA MINISTRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE DE CÔTE D’IVOIRE

Enfin, j’aurais pu vous parler de la grande insécurité que connait la ville avec son lot quotidien de braquages. Mais je n’en parlerai point dans l’espoir que les problèmes que je vous ai exposés trouvent écho auprès votre oreille attentive de Président. Je garde l’espoir que vous y trouverez rapidement des solutions afin que toute la population de Bouaké ne soit pas déçue de vous, cette population qui a toujours voté pour vous à plus de 90% pendant les différentes élections. Je garde l’espoir que vous vous informerez sur la triste situation de la ville dans le but de trouver des solutions pour que Bouaké renoue avec son passé glorieux de deuxième ville de Côte d’Ivoire.

Je garde l’espoir que vous ne laisserez point l’université de Bouaké qui porte votre illustre nom dans cet état désastreux avec les milliers de jeunes ivoiriens qui y sont formés.  Je garde l’espoir que pour vérifier la véracité de mes dires, vous ne ferez pas appel à des collaborateurs qui ne vous diront pas la vérité afin que vous ne leur demandiez pas des comptes sur la gestion des fonds mis à leur disposition pour le développement de Bouaké. Je garde l’espoir que vous vous rendrez à Bouaké, cette fois non pas en campagne mais pour constater par vos propres yeux tous les problèmes que j’ai exposés.

Merci mon cher Président pour votre attention. Que Dieu veille sur vous, sur votre femme et sur toute votre famille. Et qu’il vous éclaire dans l’exercice de votre fonction.

Par Tenan DIARRASSOUBA

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