LETTRE D’UN IVOIRIEN À UN AUTRE: «NOUS AVONS APPRIS À TE CONNAÎTRE…»

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Très cher président,

J’ai lu et relu tes excuses au peuple baoulé de Yamoussoukro. Ces excuses sonnent comme des prémices de discours de campagne que tu serviras à toute la nation ivoirienne en 2020 car, vois-tu cher président, nous Ivoiriens avons appris à te connaître.

À ton arrivée au pouvoir, tu n’as pas hérité d’une nation complètement défigurée. Tu n’as pas hérité d’une nation qui ressemblait à Hiroshima ou Nagasaki après la deuxième guerre mondiale. Tu as hérité d’une nation dont la population est divisée du fait des clivages politico ethnique. Oui les plaies de la crise post-électorale étaient plus dans les cœurs des habitants qu’au niveau des infrastructures.

Ce pays a certes besoin d’infrastructures, mais la guerre n’a pour autant pas détruit celles déjà présentes. Le plus gros chantier était celui de la réconciliation nationale et, sur ce chantier-là, tu as lamentablement échoué en deux mandats. Tu avais d’ailleurs dis qu’il te fallait seulement 5 ans pour tout reconstruire. Au finish, tu as passé 10 ans dans le fauteuil et le bilan est mitigé au plus haut point. Ces circonstances atténuantes que tu tentes de nous servir pour justifier ton échec sonnent totalement faux.

Je le répète, ce pays ne ressemblait pas à Hiroshima ou Nagasaki quand tu t’installais. On vit tous dans ce pays. Les infrastructures touchées par la crise post-électorale sont pour la plupart dans le même état. De qu’elles urgence nous parles-tu donc? La résidence présidentielle? Tu ne l’as pas reconstruite. Tu as plutôt profité pour transformer ta villa au Golf en un gigantesque et luxueux domaine privé aux frais du contribuable. Les différents camps militaires qui furent le théâtre de la crise? Ils sont restés comme tel. La preuve, le camp commando d’Abobo est inhabité. Les cités universitaires détruites pendant la crise post-électorale à cause de ton aversion pour la FESCI? Elles sont restées pareilles au jour d’aujourd’hui.

Dis-moi donc, cher président, quels infrastructures as-tu été obligé de réhabiliter au point de faillir à ta promesse de rendre Yamoussoukro capitale? Quelles routes ont été détruites? Quels ponts ont été détruits? Quelle partie du poumon économique du pays a été détruite au point de te retarder?

Cher président, je veux bien que tu te trouves des circonstances atténuantes pour justifier tes échecs et t’attirer les faveurs d’un électorat incertain, mais pas sous le sceau du mensonge.

Nous avons appris à te connaître et nous voyons clair désormais. Avec tout mon respect, cher président, il est préférable que tu prennes ton avion et que tu partes sur une île paradisiaque pour te reposer en 2020. Ne t’’inquiète pas, nous te serons reconnaissants. Tu nous manqueras certes, mais donne-toi un repos bien mérité. Tu as déjà trop fait, mon président. Merci!

Par Biekôsseu Kplé Pélai

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