LES WÊ : UN PEUPLE QUI N’ATTEND PAS LE PARDON POUR PARDONNER

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Le peuple Wê est situé à l’ouest de la Côte d’Ivoire, entre le fleuve Sassandra et le fleuve Cavally. Les Wê sont autochtones de deux régions : la région du Cavally (Guiglo) et la région du Guémon (Duékoué). On les trouve donc dans huit départements qui sont : Bangolo, Duékoué, Kouibly, Facobly, pour la région du Guémon ; et Toulepleu, Guiglo, Bloléquin, Taï pour la région du Cavally.

« WOBÉ » ET « GUÉRÉ » : UN MÊME PEUPLE

Les Wê sont un seul et même peuple. Mais pourquoi appelle-t-on ceux du nord « Wobé » et ceux du sud « Guéré » ? Les termes « Wobé » et « Guéré » n’existent pourtant pas en langue Wê. Les Wê s’appellent eux-mêmes Wêhon ou Wêgnon.

Vers 1867, les premiers colons arrivent dans la zone ouest de la Côte d’Ivoire en transitant par la région de Séguéla. Arrivés au bord du fleuve Sassandra qui sert de frontière entre les Kôyaka de Séguéla et les Wê du nord, le colon interroge son interprète pour savoir le nom du peuple qui habite derrière le fleuve avant de le traverser. C’est ainsi que l’interprète lui dit « Wê-bèhé », ce qui signifie en langue kôyaka : « Ce sont les Wê ». Le colon écrit « Wobé ». Il transite ensuite par la région Dan et arrive au bord de la rivière Ko qui fait la frontière avec les Wê du sud. Interrogeant cette fois-ci un Yacouba avant la traversée, celui-ci répond « Guê-min », ce qui signifie en langue yacouba : « Ce sont les Guêho », une tribu wê du département de Bangolo. Le colon écrit « Guéré ».

DE L’ORIGINE DES APPELLATIONS « GUERRÉ » ET « WOBÉ »

Malgré ces appellations erronées qui sont restées collées aux Wê du nord et aux Wê du sud, nous sommes le même peuple Wê. Le terme « wê » veut dire en langue autochtone « pitié, tolérance ». Comme je l’ai souligné plus haut, les Wê s’appellent eux-mêmes Wêhon ou Wêgnon, c’est-à-dire, « les Hommes qui pardonnent facilement ; les Hommes de paix ; les Hommes qui ont pitié ». En d’autres termes, le Wê est un peuple intègre qui n’attend pas le pardon pour le donner. Ils se considèrent comme des Hommes tolérants ; un trait de caractère inné chez tout Wê, un héritage à nous légué par nous aïeux.

Ce n’est donc pas fortuit si la ville ivoirienne symbole de pardon et de paix est une ville wê, en l’occurrence la ville de Guiglo. En langue wê, on dit plutôt « Guinglô » ou « Kinklô », ce qui veut dire « la ville ou le village du pardon ».

Par SÉA Kéassémon Wilfried, L’enfant du Guémon

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