LES PEUPLES DE CÔTE D’IVOIRE VUS PAR CHEICK YVHANE : ON N’OUBLIE PAS LES FRÈRES AFRICAINS

0 120

Obtenez des mises à jour en temps réel directement sur votre appareil, abonnez-vous dès maintenant à Attoungblan.net.

Précédemment: LES PEUPLES DE CÔTE D’IVOIRE VUS PAR CHEICK YVHANE : LES MOLLETS VELUS DU CENTRE-OUEST

De la page 65 à la page 72 de son livre, Cheick Yvhane passe au crible les autres Africains pour dire comment ils sont vus ou perçus par les Ivoiriens. Et c’est ici que s’arrête la lecture, par Attoungblan.net, de On va se réconcilier Pian ! Pour le reste, vite un tour en librairie, et ça vaut encore la peine !

Les Burkinabés

Ils constituent l’une des plus importantes communautés étrangères – en nombre – en Côte d’Ivoire. Les plus nombreux d’entre eux sont les Mossis. Le Mossi « choco » (ndlr : grasseyer) presque naturellement. C’est sa langue maternelle – le Moré  – qui le veut ainsi. L’ennui c’est qu’il a tendance à déformer les noms. Ainsi dira-t-il par exemple Calver pour dire Claver, Rouvienra pour dire Robert.

Le Burkinabé se fiche de la nature du métier qui lui est offert. Tant qu’il peut épargner, il y va. Il se considère toujours comme un aventurier même après 30 ans de présence. Il affectionne les jobs de gardien de résidence et de terrains nus. Sur le dernier point, il se construit généralement une cabane en bois pour y loger sa nombreuse famille et ses trois femmes. Comme les Dioulas, nombreux sont les braqueurs dans les filets de la police qui sont d’origine burkinabé, si l’on s’en tient aux publications de la presse nationale. Les Gourounsi eux sont présentés comme des mangeurs de chiens.

Les Burkinabés sont établis en Côte d’Ivoire depuis des décennies et ont fondé des foyers avec des Ivoiriennes. Nombre des enfants nés de ces unions sont ceux qui ont entretenu l’ivoirité, se disant Ivoiriens de souches multiséculaires. Des Ivoiriens pur-sang. Étrange !

Les Maliens

Les Maliens sont pacifiques et solidaires. L’ostentation est leur identité remarquable. Les Djoromis (ethnie du Mali) eux ont fait de l’usure une activité à part entière, s’enrichissant sur le dos des infortunés fonctionnaires de l’État, empêtrés dans un endettement routinier et avilissant. Les Djoromis sont à une écrasante majorité des musulmans, mais vivent essentiellement de l’usure pourtant interdite par l’islam.

Dans le parler, les Maliennes sont comme les Soussou de la Guinée ; un tantinet grossières. « O da ka bo » (Elles ont la langue tranchante). Ne vous aventurez même pas en public à engager une dispute avec elles. Elles vous déshabilleront avec les mots. Débiter des insanités en dessous de la ceinture coule de source chez elles.

Les Sénégalais

Les Sénégalais sont nombreux en Côte d’Ivoire et solidaires. Ils exercent pour beaucoup d’entre eux dans la bijouterie artisanale. Les nationaux disent d’eux qu’ils sont des escrocs. Le bijoutier sénégalais n’hésiterait pas en effet à vous vendre de la pacotille sous des apparences d’or. Il a le langage convaincant et n’hésite pas s’il le faut à jurer « au nom de Dieu » pour vendre sa marchandise. Même s’il faut après s’engloutir dans des Zikrs (invocations coraniques) interminables pour demander pardon au Créateur.

Les Nigériens

Les Haoussa constituent la plus forte communauté nigérienne en Côte d’Ivoire. Ils ont tous de petites voix à l’instar des Gourounsi du Burkina Faso. Ils dorment à plus de dix dans un entrer-coucher de trois mètres carrés, habitat à une seule pièce dépourvue des commodités de base. Pousseurs de Wotro (chariot improvisé fait de bois sur deux pneus, servant au transport de marchandises) et vendeurs de Garba (semoule de manioc accompagné de thon frit), ils sont réputés pour ne pas être très regardants sur les questions d’hygiène. Ils se privent du plaisir minimal et préfèrent en règle générale investir leurs épargnes dans leur pays.

Les Nigérians

Il y a d’une part les Anangos et les Yoroubas et d’autre part les Ibos. Les Anangos et les Yoroubas vivent encore dans un environnement relativement précaire. Ils exercent dans les petits commerces comme la vente au détail de viande, de produits de mercerie, la vulcanisation, etc. Ils s’y plaisent visiblement. Pas par défaut de moyens financiers. Les chefs de famille Anango ont d’ailleurs cette fâcheuse tendance, à la moindre entrée d’argent, à organiser des fêtes gigantesques étalées sur plusieurs jours et ouvertes à tous. Les rues des quartiers populaires d’Abidjan sont ainsi paralysées. Nourritures à profusion, sonorisation tonitruante. Une fois l’euphorie des fêtes passée, retour à la galère quotidienne. Les enfants sont laissés pour compte. Caleçons en lambeaux. Des bambins livrés à la rudesse de la rue. Le papa Anango ne dépense qu’une seule fois pour la famille : au moment des épousailles. Pour la suite, les mamans – car ils sont en général polygames – doivent s’arranger pour garnir la table à manger.

Ce n’est pas compliqué de reconnaître les Anangos. Ils ont tous, homme comme femme, une grosse voix. Ils mangent dans Kouraba (ndlr : vase de nuit) et remuent leur épaisse sauce feuille gluante – délicieuse du reste – avec le balai traditionnel.

Les Ibos quant à eux sont guidés par une seule chose : l’argent. Quels que soient les moyens d’y accéder. Ils sont les géniteurs du mouvement des « brouteurs » en Côte d’Ivoire, même s’ils ont vite été rattrapés et dépassés par l’ingéniosité ivoirienne. Ils sont indentifiables par la dépigmentation disparate de leur peau et l’accoutrement extravagant. Le présent importe plus que l’avenir à leurs yeux.

Les Ghanéens

Les Ghanéens sont établis en Côte d’Ivoire bien avant l’indépendance. Tout comme les Anangos, ils se limitent dans leur grande majorité aux petits métiers, beaucoup plus dans l’artisanat. Ils sont les dépositaires du phénomène des « Toutou », une version très archaïque des maisons closes encore appelées « ampoules rouges ». La passe – la prestation salace – est facturée à un prix dérisoire.

Les Guinéens

Il y a d’un côté les Maninkas (peuple de l’ethnie Malinké) et de l’autre côté les Peulhs. Les Maninkas sont pour le moins discrets et très présents en Côte d’Ivoire. Près de 90% des revendeurs de pièces détachées de la célèbre casse d’Adjamé sont de ce groupe ethnique. Or la casse est par excellence le lieu des arnaques. Résultat des courses, on dit d’eux qu’ils sont malhonnêtes. D’où d’ailleurs cette citation très abidjanaise : « Si Guinéen est trop droit, c’est vilebrequin ».

Les Peulhs sont l’exemple parfait du pacifisme et de la patiente endurance. Ils n’ont de problèmes avec personne. Ils sont les champions de gestion de kiosques à café sous le nom générique de Diallo. À partir de recettes présumées maigres, ils parviennent admirablement à entretenir leurs foyers polygames et à scolariser leurs enfants. Nul ne sait comment ils y parviennent.

En revanche, il est démontré, si j’en crois un sage, que les filles peulhs n’épousent que des hommes peulhs. Et si par accident elles épousaient un étranger, ce mariage se solderait tôt ou tard par une séparation et un nouveau mariage avec un Peulh. En règle générale, les jeunes majoritairement musulmans s’offrent tous les plaisirs et les interdits de la religion jusqu’à l’âge de 40 ans. Passé cet âge, ils plongent radicalement dans une sagesse qu’on aurait crue de naissance. Pour finir, la polygamie chez le Peulh est un peu comme un principe de vie.

Les Libanais

Les Libanais ont horreur des impôts. Ils ont une grande propension à contourner le légal. Ils n’hésitent pas à jurer faussement au nom de Dieu rien que pour faire écouler leurs marchandises. Ils auraient aimé vivre en autarcie, hélas ! Ils ont besoin des autres peuples pour faire prospérer leur commerce. Ils s’amusent avec les « négresses » et préservent leurs filles. D’ailleurs, nos filles contraintes d’aller avec eux pour des questions de subsistance trouvent qu’ils dégagent l’odeur de l’ail. De plus, ils payent des salaires dérisoires aux employés non libanais. Contrairement aux apparences, l’hygiène n’est pas toujours un critère de choix dans leur quotidien. Néanmoins, ils ont « l’honnêteté » de bien vous faire comprendre que quand ils vous font un cadeau, c’est bien parce qu’ils attendent quelque chose en retour.

Les Tunisiens

Ils n’aiment pas vraiment les Subsahariens en général. Les anecdotes pour le corroborer pullulent. Les témoignages de mauvais traitements de ressortissants d’Afrique noire établis en terre tunisienne sont légion. Les étudiants noirs sont victimes d’agression dans certains quartiers. Bien de Tunisiens n’hésitent pas, chaque fois que l’occasion s’offre, de les qualifier de Karlouche (désignation péjorative). Et les négresses sont vues comme des jouets sexuels qu’on utilise pour ramollir l’ardeur fantasmatique.

Les Marocains

Ne dites pas à un Marocain qu’il est Libanais, il vous en voudra amèrement. Ils vendent du toc à des prix très élevés. Ils sont curieusement en solde 11 mois sur 12 de l’année. Le Marocain est comme le Tunisien, il qualifie chez lui les Africains du sud du Sahara d’esclaves.

Les Camerounais

Ce sont des arrivistes en puissance. De vrais affairistes. Les Ivoiriens trouvent que leurs relations sont toujours intéressées. Ils affectionnent les titres et l’argent, même s’il faut pour cela faire la courbette. Les Ivoiriens se méfient à ce sujet des femmes camerounaises. Et pas seulement les Ivoiriens.

Les Congolais

Les Congolais vont vers le plus offrant. Leurs amitiés sont à géométrie variable et voguent au gré des billets de banque. Ils sont maladivement obnubilés par leur apparence et n’ont que faire de loger dans un taudis.

Les Mauritaniens

Ils fréquentent rarement la douche sinon jamais. Ne demandez pas si leurs boutiques au détail sont nettoyées. Ils consomment le même repas toute l’année. Ils vivent sans femmes. Ou quand il y a une femme, ce n’est qu’une seule et elle n’est présente que pour une courte période. Il se raconte que les mâles de la boutique-habitat se la partagent. Ils sont prêts à offrir des ingrédients de cuisine aux servantes ou ménagères du quartier en échange d’attouchements au travers de la grille de séparation d’avec le client. Nul ne peut dire qu’il a déjà assisté à des funérailles de Mauritaniens. C’est à croire que le décès hors des terres natales n’existe pas.

Les Béninois

Les Ivoiriens préfèrent s’en méfier, convaincus qu’ils sont capables de tout mystiquement avec leur Vaudou. En guise d’illustration de ce mythe, la directrice d’une maison de production audiovisuelle avouait, apeurée, entre quatre murs, qu’elle préférait ne pas affronter sur le marché publicitaire la célèbre agence-conseil en communication labellisée Voodoo. C’est vous dire ! Du coup, les Béninois travaillent en toute quiétude dans leurs niches d’activités.

Les Gabonais

Ils sont peu nombreux en Côte d’Ivoire. Ils sont un peu comme les Ivoiriens, c’est-à-dire des enfants gâtés qui, à force d’être choyés et protégés par feu Omar Bongo, se découvrent une fierté outrée. Un peu comme l’étaient les Ivoiriens sous feu Houphouët Boigny.

LA RÉDACTION

                 

Commentaires
Loading...
%d blogueurs aiment cette page :