LES PEUPLES DE CÔTE D’IVOIRE VUS PAR CHEICK YVHANE : LES MOLLETS VELUS DU CENTRE-OUEST

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Précédemment: LES PEUPLES DE CÔTE D’IVOIRE VUS PAR CHEICK YVHANE : LES MONTAGNEUX DE L’OUEST

De la page 55 à la page 62 de On va se réconcilier Pian !, Cheick Yvhane « attache » (en français ivoirien, attaquer verbalement et amicalement une personne) les Bété, les Dida et les Gouro. Le Gouro que je suis est d’autant plus à l’aise pour faire l’écho de ces « attachements » que sur nous, il n’a pas eu grande chose à dire, même si le peu qu’il a écrit n’est pas très loin de la réalité. Enfin, écoutez-le vous-même !

Belles mensurations, les muscles logés là où il faut, pilosité abondante, et … rien de plus. Ça sert à paraître et à faire le beau. À qui pensez-vous ? Au Bété évidemment.

Les Bétés

Le Bété veut tout avoir sans fournir de gros efforts. Les avantages physiques naturels ne sont que du vernis. Il est rarissime de voir un Bété exercer là où la débauche d’énergie est le critère premier.

Les Bétés sont réputés pour faire le malin. Le jeune Bété choisirait les yeux fermés, tel un réflexe, d’être un gigolo bien entretenu plutôt que de s’emmerder à exercer des tâches qui requièrent de la régularité. Le Bété moderne a une préférence – à la limite de l’obsession – pour les costumes. Il est plus blanc que le Blanc lui-même. À l’opposé du Bété moderne, le jeune Bété du village adore les tee-shirts de pub. Ne soyez pas surpris qu’il jette son dévolu sur un tee-shirt promotionnel plutôt qu’un polo labellisé.

Ce n’est pas si choquant chez le Bété que le gendre porte main à sa belle-mère, et qu’après on enterre, comme si de rien n’était, la hache de guerre à la simple présentation de quelques bouteilles d’alcool fort.

Les funérailles sont les moments propices chez les Bétés pour courir la prétentaine. Comme les obsèques durent le temps de quelques semaines, on a largement le temps de changer de partenaire à l’envie. Les jeunes femmes y sont préparées de toutes les façons, donc pas de risque d’échouer.

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Le Bété est toujours jeune. Ne soyez donc pas surpris d’entendre un Bété de 52 ans d’âge parler de son avenir lointain comme un préadolescent.

Le Bété adore la France, mais est le premier à critiquer la France. Il aime la France, mais refuse de djossi (terme nouchi utilisé pour désigner le système D). Le simple fait de le savoir à Paris est largement suffisant pour entretenir son image au pays ; même s’il n’a pas les moyens de s’assurer un billet aller-retour pour assister aux obsèques d’un parent décédé au village, ce n’est pas grave. Il n’y a rien d’alarmant.

Un Bété qui parle français est une combinaison sémantique-élocution pour le moins étrange. C’est un mélange de choco (le parler soigné des Français) trempé dans un accent rébarbatif du terroir. Ainsi le Bété dirait-il par exemple « Ti a maajeu » au lieu de « Tu as mangé ».

Le Bété adore les titres, même si le métier ne nourrit pas son homme. Il aime entendre être cité en assemblée ou au cours de cérémonies funéraires sous la kyrielle de titres annexés à son CV. Cela suffit à le réjouir. C’est sûrement l’une des raisons pour lesquelles ils n’hésiteraient pas à enfiler un costume trois-pièces assorti d’une cravate flashy, des bretelles et une paire de souliers surdimensionnés à la Nigériane pour une banale balade.

Les Bétés ne sont pas xénophobes et n’ont en réalité pas de problème idéologique avec les étrangers. Mais quand le Bété devient riche ou exerce le pouvoir, il offre un versant plutôt sombre de son tempérament ordinaire. Il est soudainement habité d’une amnésie flagrante ou d’un déni extraordinaire du passé. Ainsi, durant la décennie 2000, a-t-on pu en apprécier la parfaite illustration. C’est sous cette décennie, où les leaders de la galaxie patriotique d’origine Bété régnaient en maîtres que des appellations comme les « Russes » (pour désigner les Dioulas) ont vu le jour. Ils ont resservi l’ivoirité sur un plateau d’argent. « Chaque Ivoirien devra se faire établir son extrait de naissance dans son village. »

Les Dioulas, alliés d’hier étaient devenus les ennemis farouches à écarter à tout prix. Les politiciens Bétés tentaient obstinément de réduire à leur plus simple expression leurs pairs du nord. À l’inverse, les Dioulas considéraient avec un brin de dédain que c’était une usurpation que d’avoir des Bétés à la tête du pays. Cet état de fait est une entorse impardonnable aux liens étroits entre ces deux peuples. Pour la petite histoire, les politiciens Bétés dans leur grande majorité avaient pour tuteur durant leurs études secondaires – et pour certains, universitaires – des familles Dioulas. Ils étaient assurés ainsi de manger trois fois par jour et même plus s’ils le voulaient. Car il est reconnu que dans les familles Dioulas, l’hospitalité est bien plus qu’une formalité, c’est une vertu ; et l’étranger est bien plus qu’un visiteur, c’est une bénédiction.

Le Bété, à l’instar du Koyaga, a la réputation de courir la prétentaine. D’être un collectionneur d’aventures torrides avec la gent féminine. Les gos (filles en nouchi) Bétés, elles, souffriraient d’addiction sexuelle.

Les Didas

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Les Didas sont voisins des Bétés. Ils ont d’ailleurs en partage une superstition ineffable. Une superstition à restaurer la cure chevelure du chauve. Le moindre éternuement ou la banale démangeaison a une explication ésotérique. Les sorciers sont partout. Et il ne fait pas du tout bon d’être vieillard là-bas. Qui sait ? C’est peut-être pour cette raison que le Bété se considère toujours aussi jeune.

Chez le Bété, les coups de tête père-fils sont fréquents, le scénario où le père et le fils courtisent la même demoiselle. Il en faut de peu pour que le Bété déclare qu’il a « Co-o-co » (gonococcie). Et bienvenue l’automédication et ses décoctions aux couleurs troublantes et au goût déboussolant.

Les Gouros

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Les Gouros ont, comme les Bétés, la réputation d’affectionner les palabres et le scandale. Ils peuvent ainsi s’offrir en spectacle toute une journée et s’afficher le lendemain sur le lieu du scandale comme si rien ne s’était passé.

Les Gouros – inventeur du cure-dent gouro (cure-dent présumé aphrodisiaque) – et les Bétés vouent, dit-on, un culte au sexe. Les gos Gouros seraient plutôt portées sur la résistance du partenaire, avant toute autre chose.

Suite: LES PEUPLES DE CÔTE D’IVOIRE VUS PAR CHEICK YVHANE : ON N’OUBLIE PAS LES FRÈRES AFRICAINS

LA RÉDACTION

NB : Les illustrations sont de la Rédaction d’Attoungblan.net

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