LES PEUPLES DE CÔTE D’IVOIRE VUS PAR CHEICK YVHANE : CEUX DU GRAND NORD

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Précédemment : LES PEUPLES DE CÔTE D’IVOIRE VUS PAR CHEICK YVHANE : LANGUES ET GROUPES ETHNIQUES AU MENU

Qui aime bien châtie bien. La charité bien ordonnée commence par soi-même, le châtiment bien ordonné aussi. De la page 31 à la page 38 de On va se réconcilier Pian !, Cheick Yvhane décrit d’abord les Dioula, les Odiénneka, les Koyaga et les Senoufo. Un vrai régal !

Dans le grand nord comprenant le nord-est et le nord-ouest, les peuples qui y vivent ont plus ou moins des modes de vie similaires. Similaires, mais pas identiques. Nuance ! Abusivement on les appelle tous les Dioulas.

Les Dioulas

Ils ont pour particularité d’être solidaires et s’appellent tous grand-frère, petit-frère. Ils sont très féconds. Plus que les autres groupes ethniques ? Apparemment oui. C’est d’ailleurs ce qui fait rougir de colère les autres peuples quand il s’agit de choisir un candidat à des élections de tous ordres.  Ces « Dioulas » ont un avantage numérique indéniable, d’où l’intérêt de faire une cour assidue pour qui veut le pourcentage de suffrages le plus élevé. Ce serait une lapalissade que de rappeler ici que les élections sont profondément régionalistes et ethniques.

Les Dioulas aiment l’argent, démesurément. C’est la perception générale qu’ont les autres d’eux. Peut-être parce qu’ils détiennent les bourses du commerce. Paradoxalement, cela ne se ressent pas dans leur quotidien. Leur progéniture est loin d’être la plus enviée – pour faire verbalement correct –, pour ne pas dire dans bien des cas la plus défavorisée. Les enfants vivent entassés dans des habitats insalubres appelés cours communes détenues pourtant par le paternel. En termes plus courts, l’hygiène ne semble pas être un critère de poids chez les Dioulas.

Ils crachent partout et font des enfants pour en faire sans apparemment se soucier de leur éducation ni leur scolarisation. Retour de bâton ou pure coïncidence, la plupart des braqueurs dont les faciès sont publiés dans les colonnes faits divers des journaux sont de l’ethnie Dioula.

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Ces lucarnes de la presse écrite donnent de constater que le plus gros contingent de fumeurs de drogues se trouve chez les Dioulas. À cela, il faut ajouter la conception générale qui veut que durant le mois de Ramadan, les maquis désemplissent. Fait surprenant quand on sait que les Dioulas sont à une écrasante majorité musulmans. Pour s’être exportés de leurs régions d’origine respectives et installés sur des terres d’accueil, les Dioulas sont considérés comme des envahisseurs dans tous les sens du terme. Ils ont quitté leurs terres pour occuper celles des autres avec leurs nombreux enfants. Leur solidarité débordante fait que partout où ils se trouvent, ils remportent la guerre des chiffres. Pour preuve, le RDR, parti ayant pour bastion traditionnel le nord, a raflé la majorité des voix au cours des dernières municipales dans des régions du centre-ouest pourtant historiquement peuplées par les Bétés, les Didas et les Gouros.

Les jours fériés liés aux jours de fêtes, leurs multiples rejetons prennent d’assaut les rues. Les grandes surfaces commerciales, le Zoo d’Abidjan, les piscines publiques, etc. sont assombris par une marée noire de garnements sans que personne ne comprenne exactement ce qui se passe. Dans cette partie septentrionale de la Côte d’Ivoire occupée, pour rappel, par les Dioulas – terme générique – il y a les Odiennékas.

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Les Odiennékas

Très orgueilleux, les Odiénnekas se prennent pour le nombril de la Côte d’Ivoire, croirait-on. Pourtant, comme tous les peuples de Côte d’Ivoire, ils ne sont que des locataires de la terre, venus originellement de la Guinée voisine. On leur doit l’invention de l’appellation Cobala (petit animal poilu qui vit dans la forêt) pour désigner avec raillerie les Bétés. Ils établissaient un rapport entre cet animal et la pilosité des Bétés. Il s’agissait d’un code linguistique pour exprimer leur ras-le-bol sous l’ère du Président Laurent Gbagbo. Ils digéraient péniblement l’accession de ce dernier aux affaires. Ils ont également fait leur le qualificatif Boussoumani (de l’anglais Bushmen, les gens de la forêt) pour désigner les autres peuples qui ne sont pas de leur région géographique ou originaire des pays qui ont en partage la langue des Malinkés. Ils sont si fiers qu’il y a des activités qu’ils ne pratiqueraient pour rien au monde. Il est en effet rarissime de voir un Odiennéka vigile ou gardien. Ce serait se rabaisser à la hauteur du sol. Ils sont de vrais machos vis-à-vis de leurs épouses. De vrais goujats parfois. Mais paradoxalement, ils sont tendres quand ils ont pour compagne des femmes Bété ou Baoulé. Disons que ces dernières les trouvent attentionnés. Ne me demandez pas pourquoi.

Les Koyagas

Chez les Dioulas, il y a aussi les Koyagas. Pas grand-chose à dire sur leurs défauts, juste qu’ils ont la réputation d’être infidèles en amour. Eh oui !

Terminons notre périple septentrional avec un safari dans la savane herbeuse et poussiéreuse du nord pour y observer un peuple incontournable : les Senoufos.

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Les Senoufos

Le Senoufo est un peuple à la fois hospitalier, ouvert et conservateur. Mais il n’y a pas pire que l’ignorant qui s’ignore. Le Senoufo est le prototype du Gaou (terme nouchi qui désigne un individu coupé des tendances modernes) par excellence. Un vrai gaou convaincu d’être yêrê (le contraire de gaou en nouchi). Le senoufo se comporte partout comme chez lui. La faculté d’adaptation ne fait pas partie de son langage ou du moins il s’y refuse opiniâtrement. Pour peu qu’il voit un de ses parents du nord qu’il engage tout de suite une conversation dans la langue natale – du reste très chatoyante pour les oreilles sensibles – à haute et intelligible voix, ignorant royalement le droit à la quiétude de son voisinage immédiat. Ne parlons même pas des choix vestimentaires du Senoufo « moderne ». Au risque de faire constituer en rébellion armée les grands stylistes du monde. Le Senoufo, en règle générale, a beau pratiquer et afficher son attachement à l’une des trois grandes religions du monde – Islam, Christianisme et Judaïsme –, a beau être instruit ou non, ne se sépare jamais de son petit gris-gris.

Suite: LES PEUPLES DE CÔTE D’IVOIRE VUS PAR CHEICK YVHANE : LES ALLIÉS BAOULÉ ET AGNI

LA RÉDACTION

NB : Les illustrations sont de la Rédaction d’Attoungblan.net

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