LES PÉPITES DU FRANÇAIS AFRICAIN : LE « -CI » CAMEROUNAIS ET LE « -LÀ » IVOIRIEN

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La visibilité actuelle des séries africaines sur les chaînes Canal+ et autres bouquets, rend plus audibles les Africains dans leurs façons très particulières de parler la langue de Molière. Les francophones apparaissent ainsi quotidiennement sur nos petits et grands écrans avec leurs accents béninois, burkinabè, malien ou camerounais.

L’une des dernières séries camerounaises à avoir tenu ma maisonnée en haleine a pour titre « Femmes autoritaires ». En dehors des mots tels que kongossa ou snack dont on trouve facilement les équivalents lexicaux en Côte d’Ivoire, puisqu’ils renvoient respectivement au kpakpato et au maquis ivoiriens, le français camerounais se caractérise par l’emploi récurrent du mot malchance.

Mais j’ai surtout été interpellé par cette différence fondamentale qui veut que nos frères et sœurs de l’Afrique centrale utilisent systématiquement l’adverbe « -CI » là où nous préférons, sans trop y réfléchir non plus, l’adverbe « -LÀ ». Le Camerounais dira ainsi « l’enfant-ci » et l’Ivoirien « l’enfant- ». Et « la chose-ci »/« la chose- » ; « le problème-ci »/« le problème- » ; « le pays-ci »/« le pays- » ; etc.

Il y a même chez les Ivoiriens une telle allergie au « -CI » et un attachement si fort au « -LÀ »  qu’ils ont créé ces dernières années, pour la consommation locale, un adverbe/démonstratif curieux  en remplacement du « -CI » qu’on ne veut ni prononcer ni entendre: « ÇA-LÀ ». D’où cette phrase que j’ai entendu récemment au Plateau : « Voiture ça-là c’est ça tu vends… ». Affaire ça-là, je préfère quitter dedans en même temps.

Par Dr. DJANDUÉ Bi Drombé

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