LES MOIS DE L’ANNÉE EN PAYS BAOULÉ (1ère Partie)

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Chez les Baoulé, les noms des mois ont une signification particulière et sont intimement liés au cycle de production de certaines plantes sauvages, certaines cultures, certaines activités agricoles, la période d’apparition de certains insectes, la variation du temps, l’état d’esprit de l’homme, etc. En baoulé, le mois s’appelle anglo, ce qui signifie aussi la lune, car chaque mois est synonyme d’un nouveau cycle lunaire.

Janvier correspond à Angbô (angbↄ). En baoulé, angbô renvoie au bombardier ou sablier des Antilles. C’est un arbre à tronc épineux, poussant au bord des rivières et qui était autrefois planté au bord des routes pour donner de l’ombre. Cette plante est utilisée comme un purgatif. Son fruit, globuleux, dont la coque à maturité éclate et projette les graines à plusieurs mètres de distance, est utilisé par les enfants comme roue pour la fabrication de leurs jouets. Le angbô, en tant qu’arbre, existe sous deux formes. L’un est petit et l’autre est très grand. Il produit des fruits annuellement. Sa fleur est appelée angbôdjo, de couleur rouge. Dans le nord de la Côte d’Ivoire, le angbôdjo est utilisée également pour faire des sauces. Cette plante donne ses fleurs entre décembre et janvier. C’est donc pour cette raison que le Baoulé utilise son nom pour désigner le mois de janvier. 

LA CONCEPTION BAOULÉ DU TEMPS (1ère Partie)

Le mois de février correspond au terme baoulé djouaklé (wiacle), simplement parce qu’avant le changement climatique, le mois de février était le mois le plus chaud de l’année. En baoulé, wia désigne le soleil, le suffixe kle qui s’ajoute, désigne la forte intensité du soleil.

Mars marque le début de la saison des pluies, donc un mois de fraîcheur et d’humidité. Le Baoulé l’appelle n’glo (nglo) qui désigne le kaolin et un champignon à grand pied, d’où n’glo (de grande taille), qui pousse en mars. Le rapport entre le n’glo kaolin et le n’glo champignon est leur blancheur. Il faut reconnaître que le nglo est très succulent, très riche en protéine et remplace la viande, rare en cette période où la pluie empêche les chasseurs de vaquer à leurs occupations.

Le mois d’avril, kofié (kofie), butte de terre que l’on constitue à l’aide de la houe ou de la daba pour y enfouir la bouture d’igname. C’est une période d’intenses travaux champêtres où le Baoulé, grand consommateur d’igname, fait ses buttes.

Autrefois, les Baoulé produisaientt le coton, djéssé (jese), qui correspond au mois de mai, mois où la femme baoulé s’adonne en partie au tissage du coton, car en cette période, les travaux champêtres ont baissé d’intensité et elles ont plus de temps pour faire autre chose. C’est aussi la période de semence du coton, activité très intense en pays baoulé autrefois. Le mois de juin s’appelle klannan n’dèya. Le klannan c’est le grillon, dont les enfants sont friands. Cette période de l’année est leur saison. Dans les champs d’arachide, de cultures vivrières, ils sont très nombreux et sont la proie des enfants.

Suite: LES MOIS DE L’ANNÉE EN PAYS BAOULÉ (2ème Partie et Fin)

Par Dr YAPI Michel

Crédit photo: Prisca Kouakou, dans le Groupe Facebook «Avant Avant».

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